Divers Suite à un burn out, Olivia Moore est passée d’une carrière dans les cosmétiques à la scène. Son one woman show ? Mère indigne !

"Du jour au lendemain, j’ai changé de vie", confie l’humoriste et chroniqueuse sur Europe 1. Après 13 années passées comme responsable marketing chez L’Oréal, un burn out et trois grossesses, celle qui fantasme de danser le cha-cha-cha cha cha dans Danse avec les stars a décidé de se consacrer à sa passion : la scène. "Le burn out, c’est le mal du siècle, poursuit-elle. C’est le syndrome professionnel de l’épuisement et moi, j’étais devenue une professionnelle de l’épuisement. Usée et cramée. Le burn out est souvent une maladie de gens impliqué, sérieux et qui ne se prennent pas au sérieux. Je fais trop les choses sérieusement. Je me fixe assez peu de limite, donc c’est mon cœur qui me les pose."

Olivia Moore a donc été obligée à reconsidérer son parcours professionnel. "J’étais obligée à remettre tout à plat. Avant, c’était le choix de la raison, aujourd’hui, c’est le choix de la passion. La scène a toujours été mon truc, vu que j’avais déjà fait un peu de théâtre et du chant. L’humour était ma défense. Je fais partie des désespérés optimistes. Je cherche une issue lumineuse à mon désespoir. Le choix de la raison, il avait déjà été fait, mais je le considérais comme un échec. Donc, si ça ne marche pas, autant aller vers la passion. C’est une école de lâcher prise quotidienne. On travaille quand les gens se reposent. Financièrement, c’est un mystère mais je me sens à ma place."

Et donc, au même titre que notre compatriote Véronique Gallo, vous voilà humoriste en évoquant votre vie de mère avec Mère indigne

"La maternité est un vrai sujet transversal. C’est une ligne de force de la société, on ne sera donc jamais assez nombreux pour en parler. Le rôle parental est primordial pour éduquer les futurs citoyens. Quant au titre de mon show, c’est parce qu’on n’est pas mère indigne mais on le devient. C’est ça qui est terrifiant. Mon but est de décomplexer le discours sur la maternité, sur la condition féminine à travers la maternité. Déculpabiliser l’individu autant homme que femme. La maternité est souvent utilisée pour mettre une chape sur les femmes, ce que je trouve difficile à vivre et pas très juste. Je suis devenue féministe en devenant mère car je trouvais la blague un peu grosse. Avant, on n’a pas conscience d’être traitée différemment. Quand on est enceinte, par contre, on remarque le regard de la société sur les femmes."

Avoir des enfants vous aurait-il freiné dans votre envie de carrière artistique ?

"Non, car on ne les fabrique pas seul. Je l’explique d’ailleurs dans mon livre Sois mère et tais-toi (cfr. ci-contre, NDLR.). Pourquoi attendre d’être divorcé pour s’occuper des gosses une semaine sur deux ? Cela permettrait de ne pas sacrifier quelque chose pour l’un ou l’autre. Homme comme femme. Tout le discours sur la mère indigne n’est pas fait pour être désespéré ou contraceptif, il l’est ! Il faut plutôt faire les choses en conscience. Dire que c’est exigeant et s’organiser. Pour s’accomplir professionnellement, on a chacun une carrière à faire. J’aime ce concept africain où il faut un village pour créer un enfant."

Puis la mère parfaite n’existe pas… La société évolue mais n’y a-t-il pas trop de pression sur les mères aujourd’hui, justement ?

"Il est vrai qu’on demande aux femmes d’être aussi bien carriéristes, maman et de gagner de l’argent. La maternité est utilisée pour mettre la pression sur les femmes qui ont la responsabilité de faire les citoyens de demain. Mais je refuse qu’on me culpabilise."

Bref, il en faut de l’humour pour être une femme !

"Il faut de l’humour pour s’en sortir, pour vivre bien et convaincre les autres. D’où ma chronique sur Europe 1, mes deux autres livres en préparation (l’un sur la terreur et l’autre sur la culpabilité, justement) et mon second spectacle qui est aussi en cours écriture. Ce sera sur l’amour de soi en 2018. Je gagne moins d’argent mais je me sens plus utile aujourd’hui. Dans la vie, je suis quelqu’un d’assez sérieux, grave et concerné. L’humour me permet de sortir de cette gravité. J’étais très bonne pour les discours de départ où je bossais ! Je pointais des choses que les gens ne voulaient pas pointer (sourire)."

"Mon ex-mari habitait à Bruxelles"

Olivia Moore, très peu (voire pas du tout) connue en Belgique débarque le 16 septembre au Waterlol Comedy Festival (salle Jules Bastin à 20h30) à Waterloo. Un pays qu’elle connaît néanmoins très bien. "Mon ex-mari habitait à Saint-Gilles, confesse l’humoriste de 35 ans et mère de trois enfants. J’aime beaucoup la Belgique et ce quartier bruxellois, j’ai fait monter l’action du Thalys à moi toute seule à cette époque-là (sourire) !" Et Olivia Moore adore notre humour. "Car c’est assez partagé. J’aime cette distance, ce détachement anglo-saxon et cette manière de ne pas vous prendre au sérieux. Ce qui manque un tout petit peu en France… Tous les humoristes belges qui percent en France, c’est parce que vous êtes devenus une référence humoristique ! Il y a un humour belge, on peut le dire. On se foutait de votre gueule au départ et aujourd’hui, vous êtes une référence. Bravo Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek."

Sa toute première belge, Olivia Moore l’attend donc avec impatience. "J’ai joué quelques fois à Lille donc j’ai déjà un peu pu tester le public belge. J’espère que mon spectacle plaira car je sais que vous êtes un public exigeant en terme d’humour."

Sois mère et tais-toi

À côté de son spectacle qui tacle le milieu maternel, Olivia Moore a publié un bouquin le 7 avril dernier dont le titre parle de lui-même, Sois mère et tais-toi (PS : les enfants sont parfois un peu plus cons que prévu).

Livre-confession qui fait le récit du parcours de l’humoriste française dans "la jungle subtropicale et sauvage de la maternité", Sois mère et tais-toi est truffé d’anecdotes et autres récits autobiographiques sur les trucs de mère indigne (à voir, aussi, sa truculente page Facebook sur Trucs de mère indigne où les internautes balancent leurs propres choses dont ils ne sont pas dignes). Sans oublier les inventions d’accessoires parentaux imaginaires ou encore ces solutions farfelues qui, selon les mères qui l’ont parcouru, permettent de déculpabiliser.

Voici quelques extraits choisis par Olivia Moore en personne :

"Quand j’étais enceinte, j’ai pensé accoucher d’un(e) prix Nobel, malheureusement les enfants sont parfois un peu plus cons que prévus : quand tu vois ta fille manger un Babybel avec la cire, tu réalises que le prix Nobel… c’est mort."

"J’ai totalement arrêté de faire de l’éducation, je ne fais plus que de l’élevage d’enfants. Mais bio."

"Quand on me demande combien j’ai d’enfants, en général je réponds : trop."

"Les yeux des parents qui brillent, ce n’est pas de la fierté, c’est de la fatigue."

Mère indigne d’Olivia Moore, au Waterlol Comedy Festival, le 16 septembre prochain à Waterloo. Plus d’infos via www.waterlol.be.