Divers L’humoriste belge Nawell Madani, et sa mère Fatima, ont une relation plus "amicale que fusionnelle".

"C’est toujours émouvant de voir ma fille sur scène", nous confie Fatima Khaldi, la mère de la tornade de l’humour made in Belgium, qui a une nouvelle fois été saluée par sa fille lors de son show (C’est moi la plus belge !) au Cirque Royal samedi dernier. "Car on ne sait jamais à quoi s’attendre, la réaction du public n’est pas toujours simple."

Agée de 67 ans, cette infirmière pensionnée (elle fait encore du bénévolat, essentiellement en palliatif ou pour les plus démunis) est fière de sa fille devenue célèbre. "Ce qui ne m’empêche pas de rester une maman comme toutes les autres. Nawell a toujours aimé les planches, ce qui brille et elle a toujours voulu arriver à quelque chose. Si elle y est arrivée, c’est par sa passion et son courage. Je suis très fière d’elle comme de mes deux autres filles et de mon garçon, quelque soit leur profession !"

Est-ce que vous l’imaginiez faire ce métier-là un jour ?

"Non, jamais. Danseuse, oui, par contre ! Car depuis tout petit bébé, elle dansait fort. Quand elle avait à peine deux mois, elle poussait sur ses jambes et j’avais peur qu’elle soit déjà marquée. Dès qu’elle entendait de la musique, elle commençait à sautiller. Quand on tambourinait sur une bassine en plastique, elle souriait et quand on arrêtait, elle pleurait ! Son truc, c’était vraiment la danse et elle faisait toujours rire son public devant elle avec ses grimaces. Donc, en fait, elle a toujours été comme ça (sourires) !"

Que lui avez-vous dit lorsqu’elle a voulu faire ce métier ?

"Je l’ai toujours soutenue. Quand elle a voulu aller aux USA pour se professionnaliser dans la danse hip-hop et faire des concours, j’ai toujours été là pour elle. On a fait toutes les démarches possibles et inimaginables. Mais le rôle des parents, c’est ça aussi. Vous mettez les enfants au monde, vous les aimez ou pas. Pour moi, quand on fait des enfants, on les assume!"

Pourquoi y est-elle arrivée, selon vous ?

"Le travail. Chez nous, on ne baisse pas les bras ! Quand on tombe, on se relève. Il n’y a pas d’autres solutions. Si vous travaillez, vous réussissez. Si vous pleurez dans votre coin, vous n’arriverez à rien."

La conseillez-vous lorsqu’elle monte sur scène ou passe à la télévision ? Quel est votre regard de maman sur elle ?

"Que ce soit sur scène, à la télé, avec sa famille ou ses amis, Nawell est la même. Elle ne change pas, elle reste très simple. Ce n’est pas la télévision qui va lui monter à la tête. J’essaye d’ailleurs de voir ce qui est bon ou mauvais. On essaye toujours de lui dire : attention à ceci ou cela, ne fais pas ci ou ça. Comme le jour où les gens ont eu l’impression qu’elle se prenait la tête dans Touche pas à mon poste parce qu’elle ne souriait pas. Elle a dû s’excuser après mais c’est parce qu’elle avait reçu une mauvaise nouvelle. Elle venait d’apprendre que j’avais perdu mon frère et cela l’avait fortement affectée. Les gens vous jugent par rapport à votre comportement mais ils ne sont pas faciles à gérer…"

Êtes-vous la première personne qu’elle appelle lorsque quelque choses ne va pas ?

"Tout dépend des questions qu’elle se pose, ça va donc de son père à son frère et sœurs ou moi. Mais on est toujours là pour elle. On communique par WhatsApp, c’est bien la technologie d’aujourd’hui ! (sourire) "

Seriez-vous fusionnelles ?

"Je ne dirais pas fusionnelles mais plutôt amicales et confidentes. Je suis la sœur, la maman et l’amie. J’essaye d’être un petit peu tout cela à la fois."

Pour une éducation au diapason…

"Je lui ai toujours appris la générosité, l’hospitalité, à respecter les autres et partager. Car, dans la vie, on n’a rien sans rien. Il faut travailler ! La vie n’est pas toujours Waouw . Personne ne dort sur ses lauriers. Mais c’est inné chez nous, on a tous été élevé comme ça. Pas à la dure, mais si tu veux manger, tu cuisines. Si tu veux des habits propres, tu fais ta lessive car rien ne tombe du ciel. On a gardé ça, en nous."

On sent en effet que Nawell tient sa niaque de sa mère ! Mais c’est aussi une femme sensible…

"Je me souviens qu’à deux ans, en voyant une dame qui ne marchait pas car elle était malade, elle avait commencé à lui faire des câlins et pleurer. Elle est très sensible à ça, très proche des gens. Elle aime beaucoup les personnes. Son appartement est d’ailleurs toujours plein !"

Nawell aime aussi les animaux, paraît-il ?

" (Rires) En effet, quand elle voit un animal malheureux, elle le prend, le receuille et le soigne. Elle m’en a ramené des tonnes, c’est un zoo chez moi ! (sourires) Petite, dès qu’elle avait 20 francs, elle achetait un poussin, une tortue ou un poisson rouge. Elle me disait que l’animal était tout seul, qu’il n’avait pas sa maman et qu’elle allait alors s’en occuper. Nawell a vraiment le cœur sur la main et elle partage. On ne prend pas la grosse tête chez nous, car on pense toujours à celui qui a le plus difficile. Ce n’est pas parce qu’on est arrivé à quelque chose dans la vie qu’on en oublie les autres."

À ce propos, comment fêtez-vous la fête des mères ?

"Un grand repas en famille où on blague et on s’amuse. Avec Nawell, on est toujours occupés à blaguer et à rire. On aime bien la vie et on reste fidèle à nos amis. Si elle est loin, on se téléphone. Mais la voir réussir et heureuse, c’est le plus beau des cadeaux de fête des mères. Et, surtout, en bonne santé ! La plus grande richesse, ce n’est pas l’argent mais le cœur."