Divers Reportage exclusif au sein de la seule école du rire au monde, l’école nationale de l’humour située à Montréal, au Canada.

Devenir humoriste semble être devenu le nouvel Eldorado de beaucoup de jeunes et moins jeunes. Il suffit de voir tous ces comiques qui déferlent partout en ce moment (one man show, YouTube, chroniqueur télé ou radio, cinéma, etc.). Mais l’humour est-il inné ou s’apprend-il ? "Les deux réponses sont bonnes", analyse Louise Richer, directrice de l’École nationale de l’humour - ENH - au Québec où des Belges suivent des cours (cfr. page suivante avec Etienne et Inno). "On ne pose jamais cette question pour d’autres disciplines artistiques."

Fondée en 1988, cette école est aujourd’hui indépendante du plus grand festival d’humour au monde. " Juste Pour Rire a fondé l’école", confirme Gilbert Rozon, le créateur de ce festival considéré comme La Mecque de l’humour. "Mais, au bout de 3 ans, on a subi des pertes énormes. On a alors réuni l’industrie pour la faire évoluer et continuer. Tout le monde y a mis des sous, a trouvé sa mécanique et son mode de financement." Celle qui en est directrice depuis presque 30 ans est ravie de cette évolution. "C’était palpable qu’il y avait besoin de formation car aucune ressource n’existait", explique Louise Richer. "Mais quelle idée saugrenue quand on y repense ! Car on est la première école de formation professionnelle en humour au monde. On a donc dû faire un slalom dans la coopération. On fait d’ailleurs de la recherche et développement pour l’ensemble de l’écosystème de l’humour."

Louise Richer déplore non seulement le fait que les étudiants ont du mal à obtenir une bourse pour ce genre d’études, mais aussi le fait d’être moins subventionné que d’autres écoles d’art. L’humour a encore du chemin à faire pour être reconnu comme un art à part entière. "On est subventionné, reconnu par le ministère de l’Éducation, soutenu par le ministère de la Culture et du Patrimoine canadien", affirme cette ancienne comédienne (humoriste et psychologue de formation) qui intervient aussi dans les écoles secondaires et emploie 6 personnes dans son établissement. "On est subventionné à 40 % de notre budget. Donc nous avons la pression de gérer 60 % de revenus autonomes."

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