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Disponible depuis 1 an au Pays du Soleil-Levant, le RPG Dragon Quest XI : Les Combattants de la destinée pose enfin ses bagages hors des terres nippones après une attente interminable. Disponible dès le 4 septembre 2018 sur Playstation 4, cette version internationale débarque avec quelques nouveautés en comparaison à son homologue japonais. Est-ce que ce long voyage en vaut la chandelle ?

Une version internationale pour plus de modernité

Si la version japonaise ne comporte aucun doublage audio, son pendant international se paie le luxe de nous en offrir un en anglais. Ce dernier n’est pas anodin et nous donne l’opportunité de nous émoustiller des aventures de notre héros. Car si l’absence de doublage chez nos amis japonais est une tr adition à respecter, pas sûr que les Occidentaux auraient apprécié le mutisme des personnages. Les voix prêtent à sourire à de nombreuses occasions et rajoutent ces moments d’émotions nécessaires pour se laisser envouter dans cette quête.

Autre apport sur cette édition internationale, le choix de rajouter divers modes de difficultés pour pimenter votre aventure. Disons-le immédiatement : sans cela, votre épopée ne se révèlera pas d’une grande complexité. Si d’autres nouveautés sont présentes comme la possibilité de sprinter, nous considérons que celles exposées ci-dessus constituent les forces de cette nouvelle mouture.

Installez-vous confortablement, ça va commencer

Dragon Quest XI, c’est avant tout une histoire qui se vit en compagnie des différents personnages qui vous accompagneront lors d’un voyage extraordinaire. Leçon de vie, conte héroïque, courage et bravoure se tiendront la main pour nous emmener aux quatre coins du globe. Ces périples s’avèreront être excitants à réaliser grâce à la présence de protagonistes hauts en couleur. Nous citerons Sylvando comme un coup de cœur égayant nos retrouvailles à chaque démarrage de notre Playstation 4. Ces compagnons de fortune possèdent tous un background permettant de comprendre les motivations qui les amènent à nous prêter main-forte. Dans contexte pareil, il s’avère impossible de ne pas s’amouracher d’un personnage … C’était le minimum syndical pour apprécier cette expédition longue de 68 heures. Ce chiffre constitue uniquement ce qu’il nous aura nécessité de parcourir pour atteindre la vraie fin du jeu, le premier générique ne représentant que le début d’un nouveau défi à relever.

Des mécanismes rouillés et une bande-son vieillissante

Si Dragon Quest ne détenait jusqu’ici aucun secret pour vous, alors n’espérez pas découvrir un nouveau système de combat révolutionnaire. Les mécanismes du célèbre RPG n’apportent aucune nouvelle pierre à l’édifice. Le simple combat au tour par tour classique est de mise. Mais diable ! La promesse Dragon Quest se fonde dans le désir de ne pas déstabiliser son public si aimant à l’égard cette licence. Mentionnons le plaisir de voir les monstres évoluer au sein de l’environnement en temps réel. Cette fonction permet d’éviter les combats aléatoires afin de lancer les affrontements selon notre désir. Pas de panique, nous avons évité un nombre conséquent de confrontations dans le mode classique tout en atteignant la fin du jeu sans suer à ne plus savoir que faire de notre fluide corporel. Certains combats de boss nous auront parfois forcés à procéder à des phases de level up afin de faire le poids. Jamais éreintantes, ces dernières ne nous ont pris que 2-3 heures sur la totalité de notre expérience.

© D.R.

Si assoir la recette du succès sur la tradition Dragon Quest comblera une frange de la communauté, un point nous fait tiquer. Sans être adeptes de la série, nous avions déjà succombé aux charmes du huitième épisode et de son odyssée du roi maudit. Le constat est sans appel, nous avions l’impression de subir une overdose passive, un shoot non consenti de musiques excessivement répétitives déjà ingurgitées lors de ce huitième épisode. Oui à la tradition, mais également oui à la nouveauté en respectant le matériel de base. Un peu plus de nouvelles compositions auraient été les bienvenues. Il ne sera pas rare de ne pas adhérer aux musiques choisies pour illustrer le propos de l’histoire. Les conséquences ? Les moments dramatiques de l’aventure perdent en substance, dommage…

Le cel-shading stylisé de la perfection

Les personnages dessinés par le grand Akira Toriyama, auteur de Dragon Ball, sont tous exquis à regarder. Son savoir-faire assure un gage de qualité concernant la prestance des protagonistes. Même si le héros s’entache du charisme d’une huître, ses compagnons sauvent son insipidité. Soulevons la présence un peu trop récurrente de clones à chaque coin de rue … Le visuel cartoon-manga, nommé le cel-shading, se prête à merveille à la représentation de tout ce beau monde.

Les différents villages que nous avons découverts nous immergent dans des architectures toutes propres à la culture de la population. Dès lors, nous avons l’impression de voyager dans un monde cohérent, un univers où chaque endroit possède ses propres idéologies.

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Des à-côtés sans intérêts

Les quêtes secondaires consistent la majorité du temps à effectuer un simple aller-retour. Ces moments se révèlent rapidement dispensables de notre point de vue. Il est également possible de participer à des courses hippiques pas très passionnantes. Mentionnons la présence du casino ou encore l’existence d’une forge accompagnée d’un mini-jeu afin de créer ou d’améliorer de l’équipement.

Le repos du guerrier

Dragon Quest noue avant tout une relation consentie de respect des traditions avec ses fans et il ne déroutera jamais son public dans ses fondements. Nous ne pouvons nous empêcher d’avoir l’impression d’assister à une licence se reposant sur ses lauriers. Cependant, le plaisir de lancer notre console pour retrouver cette bande de potes dans des aventures pleines de sincérité compose l’aboutissement de la série avec ce qu’elle sait faire de mieux. Nous ne nourrissons aucun doute sur le plaisir que prendront les fans lors de cette poignante expérience. Les nouveaux venus exploreront un monde enchanteur, où ils découvriront en fin de compte que l’héroïsme n’est que le synonyme d’un jeu vidéo ayant marqué une génération : Dragon Quest.