Drapeau jaune pour Gran Turismo Sport

Alexandre Braeckman Publié le - Mis à jour le

Jeux vidéo

Gran Turismo Sport est donc disponible depuis le 18 octobre. Désireux de changer de concept, misant plutôt sur un mode en ligne que sur un jeu en solo, le titre automobile de Sony s'est lancé dans un challenge de taille. Passage en revue d'un jeu attendu.

Comme prévu, un solo assez pauvre

Comme annoncé d'entrée dans ce test, Gran Turismo Sport ne misait clairement pas sur le mode solo. Vous n'aurez donc pas grand-chose de spécifique à faire avant de glisser inévitablement vers la partie en ligne.

Comptez quelques heures de jeu pour boucler toutes les missions et autres tutoriels et… c'est tout. A côté de cela, seul un mode arcade ou contre-la-montre vous permet de vous frotter aux mécaniques proposées par le jeu. Ceci dit, cela s'avère intéressant pour apprendre les bases du pilotage et se familiariser, pour les novices, au style Gran Turismo. Une sorte de terrain d'entraînement avant de glisser dans l'arène connectée.

Nous regretterons cependant de ne pas avoir de mode carrière hors ligne, qui aurait pu, compte tenu du concept du jeu, avoir un intérêt concret. Vous découvrirez par contre les joies du pilotage sur terre. Un mode "rallye" qui n'est pas forcément le plus abouti, manque de circuits oblige, mais qui a le mérite d'élargir le champ des possibilités.

Le VR, l'ascenseur émotionnel

Une nouveauté annoncée et attendue de ce GT Sport se trouve dans son mode VR. Un principe agréable sur le papier mais qui, dans les faits, s'avère bien décevant. Vous n'aurez en effet la possibilité de disputer des courses que contre… un seul adversaire.

Si les sensations visuelles et l'immersion sont un vrai succès, il est vraiment dommage de ne pas pouvoir d'avantage profiter de cette technologie. Courir contre un seul adversaire, au niveau franchement décevant à l'image de l'ensemble de l'IA, n'a rien de très excitant. En bref, l'expérience VR s'avèrera amusante quelques minutes avant de tomber à plat en raison d'un manque cruel de contenu.

Autre possibilité, hors-piste cette fois, celle de visualiser les voitures de près dans un showroom visuellement intéressant. Encore une fois, il est cependant bien triste de constater qu'à part l'activation des phares, le joueur n'aura pas grand-chose à prendre en charge. Une belle idée, donc, mais encore à peaufiner.

Un online qui relève le niveau

La vraie force de ce Gran Turismo Sport, elle est là. Le mode online a été pensé pour permettre aux joueurs de s'affronter en suivant une mécanique précise. Vous aurez la possibilité de disputer une série de qualifications qui définiront votre position sur la grille de départ de chaque épreuve. Si vous débarquez dans le salon à cinq minutes du départ, c'est à vous de vous dépêcher pour atteindre une performance suffisante pour ne pas partir en fond de grille.

Mieux, ces qualifications sont valables sur une journée. Il est donc possible de passer des heures à s'entraîner, améliorant chronos et facultés de pilotage, en conservant son chrono de référence tout au long de la journée, garantissant une bonne position de départ de chaque épreuve sur ce laps de temps. Un concept efficace auquel Sony a apporté un grand soin.

Au-delà de ces courses quotidiennes se cachent une série de compétitions officielles, conçues pour vous garder sur la piste sur la durée. Trois championnats, aux courses hebdomadaires et aux formats bien différents. Le premier vous permet de disputer des courses librement, sous une forme classique, avec l'ensemble de la gamme disponible.

Les autres compétitions sont spécifiques et permettent de cibler les joueurs selon l'âge et les constructeurs choisis. L'idée étant de tenter de maintenir son niveau sur l'ensemble de la saison pour grimper dans le classement et, dans le meilleur des cas, de s'adjuger quelques voitures de haut niveau.

Notons enfin que votre comportement en mode solo peut influencer sur votre approche du online. Vous avez en effet une cote de fair-play qui varie selon la propreté de vos courses: si vous passez votre temps à tamponner vos adversaires ou à couper vos virages, ça ne va pas le faire, et vous serez rayé de certaines compétitions. Au contraire, si votre pilotage s'avère propre, vous serez mieux perçus et pourrez jouer sans la moindre contrainte dans le mode online. Un bon moyen de forcer la communauté à respecter les règles.

Un mode online encore un peu léger actuellement, les compétitions officielles étant encore indisponibles au moment d'écrire ces lignes, mais qui ne manque pas d'intérêt théorique. A confirmer une fois ces arènes définitivement ouvertes.

Contenu et graphisme un cran en-dessous

Terminons ce rapide tour d'horizon par quelques éléments frustrants. Graphiquement, Gran Turismo Sport est assez moyen. Bien que les voitures soient bien modélisées, les effets de lumières réussis et l'environnement bien fichu, l'ensemble donne parfois l'impression d'avoir pris un peu de retard sur la concurrence. C'est joli, sans être splendide, ce que l'on peut regretter compte tenu de la licence concernée.

Les caméras procurent également des sensations multiples. En caméra embarquée, le résultat est impeccable, on s'y croirait et le son, notamment, favorise l'immersion. Vu de l'arrière, par contre, notre bolide ne ressemble plus du tout à ce que l'on pouvait percevoir de l'intérieur. Un manque de régularité graphique qui fait, là aussi, peine à voir.

Force est également de constater que ce titre se veut plus grand public et donc, de ce fait, plus arcade. Les configurations possibles sont assez inefficaces et les sensations à la manette n'ont rien d'exceptionnelles. Le résultat est plus probant au volant, mais globalement, il semble assez facile de réussir rapidement des prouesses sans avoir à forcer son talent.

La physique du jeu est également problématique. A nouveau, GT Sport permet des écarts illimités, les voitures n'ayant aucun dégâts, quel que soit les contacts provoqués. Même la mécanique semble incassable. Les sensations dans le volant, notamment en VR, sont parfois illogiques, tantôt trop violentes, tantôt presque absentes. La traction et le dosage au freinage et à l'accélération sont cependant plus réussis qu'auparavant.

Enfin, rayon contenu, c'est la déception totale. 177 voitures sont jouables, ce qui n'est pas forcément si mauvais, comprenant certains modèles que l'on attendait depuis longtemps. Mais cela semble bien dérisoire compte tenu du fait que le jeu se présentait comme le nec plus ultra du sport automobile virtuel. Aucun championnat, juste des véhicules en vrac dans une incohérence regrettable.

Niveau circuit, ce nouveau Gran Turismo est tout simplement indigne, avec 27 tracés présents et l'absence remarquée de certains monuments du sport automobile. Un manque de richesse qui fera regretter l'achat à certains joueurs, sachez-le d'avance.

Gran Turismo Sport, malgré une série de reports, laisse encore un goût de trop peu. Il reste plaisant à jouer si on ne considère pas que l'on se frotte à une simulation automobile pointue. Le titre ne loupe pas complètement le coche mais fait un bel écart dans le bac à gravier des licences dédiées au sport automobile. Reste à revenir en piste au plus vite.

Alexandre Braeckman