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Décevant. C’est le mot qu’on se doit d’utiliser en décrivant ce nouveau FIFA qui avait pourtant tout pour plaire. Des nombreuses améliorations, notamment dans le mode Carrière mais aussi dans L’Aventure, le mode scénarisé mettant en scène Alex Hunter ou encore dans les animations, des joueurs mais aussi du public. Mais force est de constater que ces beaux efforts sont ruinés par un gameplay approximatif en attaque et désastreux en défense.

Commençons par les nouveautés les plus importantes : elles concernent le mode Carrière manager, qui bénéficie de nouvelles cutscenes enrobant les négociations de transfert. Ainsi, pour négocier un transfert, un prêt ou même une prolongation de contrat, il sera possible de tout négocier en personne via ces cinématiques plutôt réalistes ou de déléguer ce rôle à son adjoint, en lui donnant des indications à suivre. Ces nouveautés sont les bienvenues dans un mode qui n’avait pas bougé d’un iota depuis plusieurs années mais, avec elles, certains éléments-clés des transferts disparaissent. Il n’est ainsi plus possible d’obtenir un joueur en prêt avec option d’achat, de signer un joueur 6 mois avant la fin de son contrat ou encore de prolonger un joueur lorsqu’il est prêté à un autre club. Des options qui étaient partie prenante des négociations de transfert dans les précédents opus. Autre nouveauté intéressante pour ce mode Carrière, l’Accueil équipe sorte de hub où se trouvent toutes les données de vos joueurs. Une réelle bonne idée.

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Le mode Aventure nous propose toujours de contrôler Alex Hunter, après une première saison réussie en Premier League. Les transferts sont là aussi au centre de l’attention et les problèmes qui en découlent influencent le scénario, qui ne casse pas trois pattes à un canard. Dommage quand on voit les efforts apportés à la réalisation et à la mise en scène, notamment la présence de plusieurs stars du football, actuelles mais aussi du passé. On a également été un peu déçu des trop nombreux objectifs inutiles que propose le mode puisqu’à présent, en plus des objectifs de match, il y a des objectifs par chapitre qui ne se justifient pas toujours et permettent de débloquer des éléments de personnalisation (tatouages, coupes de cheveux, vêtements) ou des abonnés pour notre star du ballon rond.

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Passons très vite sur les nouveautés du mode Ultimate Team puisqu’il n’a presque pas changé, à l’exception du mode Clash d’équipes, un mode solo où l’on affronte des équipes construites par des stars du foot, des YouTubeurs ou des équipes sélectionnées par les développeurs ou la communauté. Ces équipes changent régulièrement et il faut en battre le plus possible pour monter dans le classement et obtenir des récompenses. Pour le reste, on retrouve le même mode que dans FIFA 17.

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Dernier point amélioré par les équipes d’EA Sports, les animations des joueurs et du public. Toujours plus réalistes, elles vous donneront à coup sûr l’impression de regarder un match authentique. Ce qui n’est vraiment pas le cas du gameplay…

Et c’est là que le bât blesse. Comment juger une simulation de sport si ce n’est sur son gameplay ? Or, celui de FIFA est très décevant. En défense principalement puisque les mécaniques de défenses instaurées dans les précédents opus ont été revues. Et on a le droit à une défense particulièrement difficile à prendre en main, pas très réactive et qui laisse souvent de nombreux trous aux attaquants. Rajoutez à ça des défenseurs qui perdent systématiquement leurs duels et des gardiens qui ne sont pas loin de l’AVC à chaque tir adverse et vous aurez l’un des pires gameplays défensifs proposés par un jeu de football ces dernières années. 

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Les rumeurs courent déjà qu’un patch pour corriger ces errements défensifs serait en développement chez EA. Il serait le bienvenu tant, à l’heure actuelle, le jeu n’est pas réaliste pour un sou. Car en attaque également, le gameplay ne donne pas entière satisfaction. Les une-deux et les combinaisons en triangle ont une insolente réussite et déstabiliseront à coup sûr n’importe quelle défense. Rajoutez le retour des « tout droit » et des « L1/LB + Triangle/Y » et vous comprendrez pourquoi le gameplay est autant déséquilibré et pourquoi on assiste régulièrement à des scores de tennis voire de rugby.

En bref, FIFA 18 est probablement le jeu de sport le mieux enrobé de l’histoire (le jeu d’EA fait le plein de nouveautés, de modes de jeux et de contenu) mais tous les efforts sont ruinés par un gameplay approximatif qui en décevra plus d’un, d’autant que le concurrent historique PES excelle dans ce domaine et est en train de revenir à grand pas sur la franchise d’EA Sports. Il faudra réagir au plus vite chez EA pour proposer un patch correctif et pouvoir enfin contenter les nombreux fans du jeu, dont une bonne partie a déjà exprimé sa déception sur les réseaux sociaux. Si le gameplay est corrigé, alors le jeu sera le meilleur de tous les temps. Mais avec des si …