Jeux vidéo Visite peu habituelle au programme en cette fin de mois de novembre puisque c'est aux Pays-Bas, près de l'aéroport de Schiphol que nous nous rendons pour découvrir les bureaux tous neufs de Plantronics, une société américaine spécialisée dans les périphériques audios (casques, écouteurs, oreillettes, etc.).

Forte d'une histoire et d'une expérience incroyables, Plantronics fait peu à peu connaître son nom. Un nom qui sonne déjà familier aux oreilles de nombreux professionnels puisque la société s'adressait, à ses origines, à ses derniers. Fondée en 1961 dans un garage par deux anciens pilotes d'hélicoptères qui n'en pouvaient plus de l'équipement trop lourd qu'on leur faisait porter, Plantronics a très vite décollé, au propre comme au figuré puisqu'en 1969, l'entreprise produisit les casques audio portés par l'équipage de la mission Apollo 11, la première mission spatiale à poser le pied sur la Lune. C'est donc à travers un micro Plantronics que Neil Armstrong a prononcé la phrase devenue culte: "C'est un petit pas pour l'homme, un bond de géant pour l'humanité".

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Et cet héritage, Plantronics le chérit jusque dans ses tout nouveaux locaux européens, près d'Amsterdam. On y est d'ailleurs accueilli par un mur représentant la Lune et, juste devant, le fameux casque-micro qui a donc voyagé jusqu'à la Lune, à 384 400 kilomètres de la Terre.

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Ce n'est pas le seul détail qui frappe en entrant dans ce bâtiment ultra-moderne: il y règne un silence impressionnant. "Nous travaillons sur le son, mais donc aussi sur le silence", nous explique Ole Hellfritzsch, manager marketing au sein de l'entreprise. "Excepté les dalles de l'entrée, aucun élément tapissant les murs et le sol n'est dur, afin de ne pas offrir de réverbération au son." Un silence qui contraste avec le léger bruit qui saute aux oreilles dès qu'on pénètre un espace de travail: celui de l'eau qui coule. Dans chaque zone où se trouvent des employés, un fond sonore rappelant la nature, l'eau, le vent, s'invite à nos oreilles.

C'est un concept que les Anglo-saxons ont baptisé "biophilia" et qui n'a pas de penchant en français mais qui pourrait se traduire par la "biophilie", l'amour de la nature. "C'est un concept qui veut qu'on fasse entrer la nature à l'intérieur de nos bureaux, de nos espaces de travail", continue celui qui représente Plantronics depuis plusieurs années. "Et ce n'est pas seulement une métaphore: regardez les murs, certains sont parés de plantes grimpantes. Il y a également un travail effectué sur le son car on a remarqué qu'un bureau où il régnait une ambiance naturelle avait tendance non seulement à apaiser les travailleurs mais également à étouffer les bruits de conversation, un bruit persistant qui peut très vite devenir pénible dans un grand open-space."

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Et il faut dire que sonorement parlant, la société en connait un rayon. En une bonne cinquantaine d'années d'existence, elle est passée par tous les types de casque, d'écouteurs et de micros que ce soit pour des conférences, des minitels, des activités sportives ou professionnelles, des conversations en ligne ou, plus récemment, des parties de jeux vidéo avec le lancement de sa propre gamme orientée gaming, RIG.


RIG, le petit nouveau qui veut s'imposer sur le marché

Pour les habitués des jeux multijoueurs en ligne et des compétitions de haut-niveau, RIG n'est pas un inconnu. Les casques de la marque sont les équipements officiels de plusieurs compétitions d'e-sport, notamment l'ESL (Electronic Sports League). Une collaboration qui a véritablement lancé la marque sur un marché historiquement dominé par des marques proposant une gamme d'équipements plus large. "Le défi était de concurrencer avec des marques qui proposent des claviers, des souris, des enceintes et tout un tas de produits en plus de leurs casques", confie Gregory Morquin, responsable de la section gaming. "Nous nous n'avons que nos casques mais nous avons surtout une expertise et c'est ce que nous voulons offrir aux joueurs."

Une volonté qui se traduit par l'arrivée de plusieurs casques sur le marché, du petit RIG 100, un micro et un seul écouteur pour ceux qui ne veulent pas d'un grand casque, jusqu'au sublime RIG 800, un casque sans-fil qui tient plus de 24 heures sans charge et qui peut se targuer d'être conçu à 100% pour le confort du joueur. Entre ces deux extrêmes, on retrouve le RIG 400, un casque d'entrée de gamme un poil décevant et qui, à la longue, s'avère assez inconfortable ainsi que le RIG 600, sorte de casque nomade, entre le modèle gaming et le modèle lifestyle. Bref, une belle panoplie destinée à satisfaire chaque joueur.

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Pour avoir testé le RIG 800, il faut reconnaître qu'on ressent l'expertise du fabricant. Le son est excellent, les aigus bien reproduits et les basses satisfaisantes, même si elles auraient mérité un peu plus d'intensité. Mais ce qui séduit vraiment chez ce RIG 800, c'est le confort d'utilisation. Très léger, il ne vous donnera pas de mal de tête au bout de quelques heures de jeu. D'autant plus qu'il est adaptable aux différents formes et épaisseurs de tête. Le sans-fil est également un atout. Si on craignait au départ pour la batterie, il a fallu se rendre à l'évidence qu'elle tient en effet bien plus de 24 heures. Une durée bien suffisante puisqu'entre chaque utilisation, il suffit de quelques heures pour le recharger complètement. Enfin, côté micro, c'est la petite déception. Certes le micro est de bonne qualité et le son tout à fait audible mais on a l'impression que la voix est légèrement déformée et il arrive de ne pas reconnaître immédiatement la voix de son partenaire de jeu. Un point faible certes dommageable mais pas handicapant en situation de jeu puisque la communication, elle, est claire. Autre petit point noir: son prix. Comptez pas moins de 169 euros pour le casque sans licence Dolby Atmos (la nouvelle licence sonore de Dolby, évolution du désormais dépasser 7.1, et pour laquelle il faut rajouter 10 euros au prix du casque).

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Bref, avec de nouveaux bureaux et une arrivée qui se confirme dans le monde du gaming, Plantronics devrait rapidement se faire un nom plus important auprès du grand public. Un développement intéressant pour une entreprise qui a débuté dans un garage, comme beaucoup de startups américaines à succès.