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Annoncé via Sony en 2013, ce prometteur jeu d’exploration décanta longtemps avant de sortir sur nos consoles et PC. Désormais sous le giron des studios Greybox Games, Sixfoot et Tequila Works, Rime ose le pari d’un jeu non violent et très narratif. Alors : l’attente fut-elle justifiée ?

Après une brève introduction, les joueurs se réveillent dans la peau d’un jeune garçon échoué sur une île apparemment déserte. D’emblée, de curieux bâtiments et monuments attirent votre attention. Rien d’autre ne vient occulter votre vision puisque le jeu n’a pas d’interface. Quelques commandes de base, parfois indiquées pour vous aider, et vous voilà en train d’explorer votre terrain de jeu sans réel objectif. Sauf qu’évidemment, des rencontres vont rapidement vous pointer vers la bonne direction et les mystères de l’île…

Dessine-moi un… renard

Décomposée en plusieurs zones ouvertes, l’île propose néanmoins une aventure linéaire avec une histoire simplifiée, mais omniprésente. Qui est le mystérieux personnage en rouge qui semble vous épier ? Pourquoi le renard libéré souhaite tant vous guider ? Et quel est votre rôle dans ce qui ressemble à une prophétie locale ? La progression se fait lentement, mais naturellement, au rythme d’énigmes peu complexes, mais pas forcément faciles. Jouer avec la météo, les ombres, le cri de votre personnage ou encore la faune locale permet d’avancer à son rythme sans jamais ressentir de stress. Rime se pose donc comme un jeu d’exploration et de plateformes relaxant et plutôt contemplatif.

D’autres jeux, comme Abzu ou Journey, incarnent le même moule artistique, mais Rime se démarque par une longueur plus intéressante. Son style ainsi que les musiques et autres effets sonores marquent une finition agréable à découvrir. Peu de points noirs au tableau si ce n’est une caméra qui pose parfois des difficultés aux joueurs ou une baisse de framerate (le nombre d’images par seconde, donnant une impression de saccade). Le problème proviendrait du système antipiratage du jeu, déjà supprimé sur PC (quelques jours après la sortie du jeu, suite à son… piratage).

Prendre le temps

Modeste, mais extrêmement bien réalisé, Rime parvient à détendre les joueurs sans réinventer le genre ni forcer le trait. Savoir prendre le temps, pour développer le jeu, mais également pour le parcourir, permet de contempler une œuvre douce et bienveillante. Une belle réussite donc, qui poussera peut-être à éviter le fiasco de The last guardian ou à découvrir le précédent titre de Tequila Works : l’excellent Deadlight.