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State of Mind nous plonge dans une dystopie futuriste en plein milieu d’un Berlin au bord de l’explosion. Richard Nolan, un journaliste ayant eu son heure de gloire, se retrouve au cœur d’une machination où transhumanisme et affaires familiales se côtoieront. La fiction et la réalité sont peut-être plus proches que nous ne l’imaginions.

Un low poly qui a du chien

Le style low poly est une manière de représenter ce qui est affiché à l’écran avec un nombre minime de polygones. Nous ne pouvons dénier le charme de cet effet, le cachet artistique émanant de l’œuvre n’en est que plus fort. Le contraste entre les lieux visités, qui siéent à merveille à cette technique, et les personnages réalisés intégralement avec celle-ci est saisissant. Ce choix artistique nous donne l’impression d’observer des pantins évoluant dans un univers n’étant pas taillé pour eux. Malheureusement, cette conception retire toute chance de pouvoir apercevoir la moindre émotion sur les visages des protagonistes. Il s’avère compliqué d’accompagner émotionnellement les aventures de Richard et de ses compagnons lorsque ces derniers se résument à l’apparence d’un tas de polygones rigide à l’excès. Le pathos sera sauvé in extrémis dans ce qui constitue être un doublage anglais de qualité.

© D.R.

La narration au détriment du gameplay

S’il est compliqué d’être immergé dans cette aventure faute d’émotion visuelle, c’est également dû au fait que le jeu est avant tout une expérience narrative. Pas la peine d’espérer des phases de gameplay immersives et passionnantes, il n’y en a pour ainsi dire aucune. Il faudra se contenter de vivre par procuration l’histoire qui nous est contée. Seules certaines phases comparables à des « mini-jeux » permettent de participer à une action aussi molle que le mollusque que vous avez mangé cet après-midi, attention à l’indigestion. L’ennui nous guette … Les heures défilent et voilà qu’après 2-3 heures d’événements inintéressants, une lueur d’espoir traverse notre regard, jusqu’alors plongé dans les abysses de la SF.

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Le reflet du miroir

La narration décide de prendre son envol après un début inutilement long. Une multitude de thèmes sont abordés, de la robotique à la réalité virtuelle. Le scénario ne sait plus où donner de la tête et peinera à se recentrer sur ce qui nous intéresse réellement. Loin d’être sans intérêt, ces sujets auraient mérité un meilleur traitement. Selon nous, les scénaristes auraient dû prendre des décisions beaucoup plus tranchées afin d’offrir un univers plus documenté et riche en informations.

L’intérêt du jeu étant son histoire, nous ne vous dévoilerons rien sur les différents rebondissements. Ce que nous pouvons vous dire et que nous reconnaissons comme une réussite est la constitution d’un effet miroir où la dystopie rejoindra l’utopie. Deux mondes s’entremêleront afin de philosopher en votre compagnie sur la dure réalité de la vie. Précisons qu’une bonne moitié de l’aventure se déroule dans les mêmes décors, vous pouvez laisser votre passeport au placard. Le jeu se décloisonnera finalement au cours des 3 dernières heures de jeu. Nous découvrirons enfin différents environnements, dont le sempiternel niveau des égouts. Cette dernière ligne droite sera également le moment des grandes révélations scénaristiques, bienvenues pour la plupart.

À la hauteur d’une série B

Lors de la dizaine d’heures que dure State of Mind, nous sentons que le scénario peine à décoller même s’il ne démérite pas. Le potentiel est présent et nul doute que l’aventure plaira aux amateurs de science-fiction. Inutile d’attendre monts et merveilles ou d’espérer enrichir votre connaissance sur le transhumanisme et la robotique. Le soft s’empêtre dans des références dont il n’arrive jamais à la hauteur. Alors qu’Isaac Asimov ou Philip K. Dick se seraient probablement ennuyés, les amateurs moins exigeants trouveront satisfaction.