Livres/BD Pour le groupe Unilever, Julie Taton s’est prise au jeu de l’écriture. Verdict : elle adore ça !

Des histoires, Julie s’en raconte tout le temps. Même si elle se définit comme perfectionniste et même cartésienne pour certaines matières - dont son travail - elle concède aussi que vivre dans un monde imaginaire, s’enfermer dans une bulle de tous les possibles lui arrive plus souvent qu’à son tour.

Du coup, quand Unilever l’a contactée pour qu’elle écrive un conte de Saint-Nicolas, elle n’a pas hésité longtemps. "On a eu quelques réunions à Bruxelles, puis je suis allée les voir à Amsterdam", explique-t-elle. "Au départ, j’ai laissé vagabonder mon imagination, mais je ne voulais pas, non plus, partir dans quelque chose de complètement irréel. Pour tous les petits enfants, saint Nicolas existe et ils connaissent son histoire - ou, du moins, pas la vraie, parce qu’elle est assez trash", ajoute-t-elle en riant. Ils savent que saint Nicolas rapporte des bonbons et des jouets, une fois par an, "alors que l’autre histoire, c’est celle d’un boucher qui a découpé des petits enfants en morceaux pour en faire du petit salé ! Bref, je ne pouvais pas m’inspirer de ça". En revanche, l’idée de Julie, sans s’appesantir, était tout de même de faire passer des messages de tolérance et d’amour. "Je me suis dit que le mieux, c’était de ne pas le situer par rapport à une fratrie, de le laisser isolé, seul dans son univers. Et qu’est-ce qu’il y a de mieux pour faire évoluer un enfant seul qu’un orphelinat ? C’était important pour moi d’y mettre des choses fortes, mais douces. Qu’il puisse y avoir plusieurs lectures…"

L’idée serait donc de comprendre comment saint Nicolas va devenir… saint Nicolas ! "Une fois le décor planté, j’ai essayé d’expliquer quelques situations simples aux enfants, en me basant sur mon monde imaginaire à moi, quand j’étais petite. C’était juste génial, j’ai adoré faire ça ! Même si c’était un peu compliqué parce que je travaillais avec des Hollandais. Certes, pour Miss Belgique, j’avais pris des cours de langue chez Berlitz et j’étais trilingue, mais c’était… en 2003 ! Depuis, j’ai un peu perdu ! C’est d’ailleurs un de mes projets pour l’année prochaine : reprendre des cours !", dit-elle en éclatant de rire. Cela lui a, en tout cas, donné l’envie de reprendre la plume. "Je voulais qu’il y ait un fond dans cette histoire, en l’occurrence comment préserver son imaginaire, croire en ses rêves le plus longtemps possible. Ça m’a donné envie d’y revenir, avec un psychologue, pourquoi pas, pour un travail plus profond. Sortir une petite collection ciblée, qui aborderait le divorce, la perte d’un être cher, d’un animal. Les moments difficiles, quoi. Mais bon, pour l’instant, ce n’est que dans ma tête, mais si ça intéresse quelqu’un en Belgique, qu’il me fasse signe !"

Si son fils, Côme, est encore fort petit - un an et demi -, Julie lit déjà quelques histoires avec lui. "On commence", dit-elle. "Je pensais que c’était un peu tôt, mais, en fait, il n’est jamais trop tôt. Ce que je trouve génial, c’est qu’une histoire que j’ai inventée sera lue par un papa ou une maman à son enfant, le soir, avant d’aller dormir. Ça m’émeut, en fait !"

Gratuit pour les petits écoliers

C’est à la demande du groupe Unilever (Becel, Lipton, Amora, Switzal pour n’en citer qu’une toute petite partie) que Julie Taton s’est mise à l’écriture de Nicolas et le coffre magique. Côté néerlandophone, c’est l’acteur Louis Talpe (Mega Mindy, Aspe, la comédie musicale 14-18) qui a pris la plume et a rédigé Mais qu’a donc Amérigo ?

Ces deux ouvrages, qui seront tirés à 150.000 exemplaires, seront disponibles gratuitement dans des Carrefour Hyper et Carrefour Market à partir du 25 octobre. "Je suis ravie de pouvoir vous annoncer que toutes les écoles primaires en Belgique pourront venir chercher gratuitement un livre de Saint-Nicolas chez Carrefour, grâce au coupon qui leur sera envoyé la semaine précédant l’action", explique Julie. "Unilever est une entreprise qui accorde de l’importance aux traditions. Nous aimons perpétuer la Saint-Nicolas, le 6 décembre, et entretenir la convivialité qui entoure cette fête", commente-t-on du côté du groupe international.

Traumatisée par Chucky

La grande sœur a entretenu le secret et la magie auprès de la petite

Vous avez cru à saint Nicolas jusqu’à quel âge ?

"Je ne sais plus… Je pense que ma petite sœur était née et marchait déjà. On a cinq ans de différence, donc je devais avoir six ou sept ans. Je pense que j’ai surpris mes parents en train d’installer les choses la veille, le lait, les carottes… Je me souviens, en tout cas, que je me suis fait engueuler. Ensuite, j’ai vraiment pris mon rôle de grande sœur très à cœur en entretenant le secret. Parce que j’ai toujours adoré ça."

Vous avez un premier souvenir précis de Saint-Nicolas ? Benoît Poelvoorde nous avait un jour expliqué qu’il lui faisait peur parce qu’il avait des bagues au-dessus de ses gants blancs !

"Ah, c’est vrai, je n’y avais jamais pensé. Je n’ai pas vraiment de souvenir, sauf celui qu’il ne sentait pas bon. Il sentait le café, la naphtaline, la vieille poussière et, du coup, je ne voulais pas m’asseoir sur ses genoux. Encore une fois, ma mère n’était pas du tout contente."

Il y a des cadeaux de Saint-Nicolas dont vous ne vous êtes jamais séparée ?

"J’étais pourrie gâtée, étant petite. J’ouvrais la bouche et je recevais pas mal de choses ! Ce qui explique peut-être pourquoi, aujourd’hui, je fais parfois des achats un peu compulsifs (rires) . Je me souviens d’un truc qui s’est retourné contre moi : je voulais une poupée Baby Talk. Je l’ai reçue à Saint-Nicolas, j’étais très heureuse, sauf que c’était exactement à la même période que la sortie de Chucky . Et donc, je suis tombée par hasard sur ce film et ça m’a traumatisée. Du coup, j’ai mis cette poupée dans un coin, je l’ai enfermée et même comme ça, j’avais toujours l’impression qu’elle allait me sauter dessus pour me tuer !"