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Eddy Przybylski : un livre sur les racines, l’enfance et les débuts de Johnny

BRUXELLES L’événement pour la célébration des 50 ans de la sortie du premier disque de Johnny Hallyday est… belge : un livre signé par notre Eddy Przybylski national, plume émérite de La Dernière Heure-Les Sports . Le nom de son dernier bébé : Hallyday. Les derniers secrets. Il sort dans quelques jours.

Vous dites que vous l’avez rencontré 27 fois : vous considérez-vous comme un ami de Johnny ?

“Pas du tout ! La première rencontre date de mars 1973. 27 fois en 37 ans, ce n’est pas une fois par an. J’ai eu l’occasion de dîner deux fois avec lui mais d’autres rencontres ont été infiniment plus furtives.”

Pourquoi un journaliste belge pour un tel travail ?“L’initiative du livre revient à un éditeur belge, Les Éditions de l’Arbre. Ce n’est pas une biographie complète du chanteur, mais un travail centré sur les débuts de Johnny Hallyday, ainsi que sur sa jeunesse et ses racines, qui sont belges. Cette branche de la famille Smet est originaire de Beez, à côté de Namur. Comme journaliste belge, j’ai aussi eu l’occasion de rencontrer à plusieurs reprises le père de Johnny. C’était en 1981.”

Johnny est né belge…

“Non ! Il a toujours été français. Son père était belge. En juin 1943, à la naissance de Johnny, à Paris, le père et la mère vivaient ensemble. L’enfant était voulu. Mais le père était marié par ailleurs, séparé mais pas encore divorcé. À l’époque, ça l’empêchait de reconnaître l’enfant qui a d’abord eu le nom et la nationalité de sa mère : Jean-Philippe Clerc, petit Français. Il n’a été reconnu par son père qu’après le divorce, en septembre 1944. Alors, il s’est appelé Smet. Mais, né français, il a gardé la nationalité française.”

Il est vraiment né dans la rue, comme dans la chanson ?

“Pas vraiment. Pendant la guerre, son père a travaillé pour une télévision que les Allemands avaient lancée à Paris. Une télévision, en 1943, c’était quasiment expérimental. Léon Smet – le père – gagnait très bien sa vie et Johnny est né dans une clinique réputée.”

Son père était collaborateur ?

“On l’a dit et on l’a écrit. Pour ma part, je n’ai trouvé aucune trace de condamnation. Pourtant, j’ai cherché. Par ailleurs, des sources indiquent qu’aucun membre du personnel de cette télévision n’a été poursuivi. Par contre, il est probable que Léon Smet ait eu peur de l’être. Dès après son mariage, au lendemain de la Libération de Paris, il a quitté femme et enfant et il est parti en Espagne. Là où allaient se cacher beaucoup de collaborateurs.”

Il est connu comme vagabond…

“Il l’est devenu après la guerre. Avant, il a été un artiste assez brillant, qui fut danseur, comédien, fit du cinéma et a même été clown. Il était très impliqué dans les milieux anarchistes mais surtout surréalistes. Il a probablement connu Magritte. Manifestement, la guerre a changé du tout au tout le destin de cet homme. Et par voie de conséquence, elle a dicté celui de son fils.”



© La Dernière Heure 2010