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Légendes, recettes, langage secret : l’herboristerie revisitée et pimentée

L’auteur le précise d’emblée, dans une courte note d’introduction : les plantes n’ont que les vertus aphrodisiaques qu’on leur prête. “Si cette herboristerie coquine nous livre de nombreux secrets sur l’histoire de ces plantes pas comme les autres, les rituels de séduction et autres recettes stimulantes à tester à deux , écrit-il, sachez avant tout que l’effet aphrodisiaque des végétaux tient surtout aux légendes qui les accompagnent dans notre éternel désir de conquête du graal amoureux.”

Bref, Patrick Mioulane ne tente pas de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, mais s’amuse, manifestement, à nous faire voir les plantes sous un jour nouveau et délibérément coquin. Ainsi, sous le titre (pas très fin, c’est vrai) de Botanique, nique, nique (sic !), on apprend qu’en Chine, autrefois, le lotus désignait, dans la littérature galante, le sexe de la femme. Cette fleur étant devenue un symbole de la sexualité féminine épanouie, on nommait Lotus d’or les prostituées les plus habiles…

Plus loin, on apprend encore que c’est en couvrant le sol de son palais d’Alexandrie de pétales de roses sur la hauteur d’une coudée (à peu près 50 cm, quand même !), dont le parfum puissant était relevé de quelques graines de cardamome, que Cléopâtre fit succomber Marc-Antoine.

En feuilletant cet ouvrage plutôt ludique, plein de pochettes surprises et autres enveloppes à décacheter, vous en découvrirez plus, également, sur le langage secret des fleurs. C’est que l’on n’offre pas impunément camélias et marguerites. La première nous dit “Récompense ma constance ”, quand la deuxième claironne “Mes pensées sont pour toi” . Les tulipes rouges disent l’ardeur de l’amour, et les anémones jurent qu’on est prêt à mourir pour l’autre. Enfin, on a gardé le meilleur pour la fin : l’élégant gardénia dit tout simplement “Je t’aime de tout mon cœur ”.

Patrick Mioulane, Herboristerie coquine , Larousse



© La Dernière Heure 2011