Michel Polac est décédé à l'âge de 82 ans

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Présentateur de plusieurs émissions littéraires à la télévision, il a également produit et réalisé des documentaires, notamment sur Céline

PARIS Michel Polac, mort mardi à l'âge de 82 ans, est célèbre pour avoir inventé le talk show polémique à la télévision, avec l'émission culte "Droit de réponse", mais était aussi un passionné de littérature, un écrivain et un cinéaste.

Né dans une famille de la bourgeoisie parisienne, d'un père "juif et pétainiste" disait-il, Michel Polac débute très jeune à la radio, animateur et producteur à 21 ans à la Radiodiffusion télévision française (RTF) devenue ORTF.
Il a notamment créé, avec François-Régis Bastide, "Le Masque et la Plume" en 1955, qu'il a animé jusqu'en 1970. Il présente aussi plusieurs émissions littéraires à la télévision. Mais c'est en 1981 qu'il devient résolument connu du grand public avec la création de "Droit de Réponse" sur la Une.

Il y dénonce à travers des confrontations houleuses, parfois musclées et souvent bien arrosées, les scandales du moment, de l'immobilier à la politique en passant par le sport et les médias.

Le magnat Robert Hersant quittera furieux le plateau, Coluche y fera en petite tenue sa campagne présidentielle et l'équipe de Charlie Hebdo, professeur Choron en tête, y annoncera la fin de l'hebdo, avant sa renaissance quelques années plus tard.

Michel Polac, fumeur de pipe ronchon et révolté, incarne alors l'arbitre des conflits, donnant la parole et la reprenant, souvent dans une joyeuse pagaille sur un plateau de télévision décoré en bistrot parisien.

"Droit de réponse" durera près de sept ans émaillés de nombreux procès. En avril 1987, le gouvernement Chirac privatise TF1 en choisissant le groupe Bouygues.

En septembre Michel Polac et ses invités mettent violemment en cause la Commission nationale de la Communication et des Libertés, ancêtre du CSA. Huit jours plus tard, refusant de prononcer les excuses exigées par Francis Bouygues, Michel Polac franchit la ligne jaune et lit à l'antenne et en direct la légende d'un dessin de Cabu: "Une maison de maçon, une télé de M...". Anarchiste

TF1 le licencie, la presse de l'époque considère que la CNCL a "eu sa peau". "Polac coulé dans le béton", titre en Une le quotidien Libération.
La chaîne affirmait alors que "le principe de ce type d'émission n'est pas remis en cause", elle ne reverra pourtant jamais le jour.

Auteur à la plume alerte, mais dans des ambiances souvent sombres, Michel Polac est souvent qualifié d'écorché à la sensibilité à fleur de peau. Ses détracteurs le qualifient quant à eux de masochiste. Lui-même aime entendre dire de lui qu'il est anarchiste, malgré sa mise soignée de gentleman farmer, veste en tweed et foulard.

Il a notamment publié "Une vie Incertaine" (1956, réédité en 2007) et en 2000 des extraits de son journal intime couvrant la période 1980-1998. Il est aussi revenu sur son enfance et ses petites blessures dans "Maman, pourquoi m'as tu laisser tomber de ton ventre" (2000). A 70 ans Michel Polac déclare s'être "désintoxiqué" de la lecture quotidienne des journaux: "Submergé par les nouvelles de l'extérieur, on perd de vue les nouvelles de l'intérieur", écrit-il alors.

L'homme est réputé chaleureux, malgré un humour froid et ses proches admirent la constance de son esprit critique, sans compromis, jusqu'à l'extrême.
En 2005, après moult allers et retours à France Inter, il est remercié de sa participation chaque jeudi dans "Charivari". Michel Polac se déclare alors "amer bien que blasé pour avoir été viré tant de fois".

Il aura aussi tâté du cinéma avec une petite vingtaine de films à son actif dont "Un fils unique" (prix Georges Sadoul 1970) et "Monsieur Jadis" (1975).
Celui qui disait volontiers "bouffer du curé" écrivait en 1989: "Je voudrais devenir un trappiste laïc, que le silence finisse par éteindre le volcan en moi".

© La Dernière Heure 2012

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