Livres/BD

Philippe Jaenada a remporté ce mercredi le prix Fémina pour "La Serpe" (Julliard). Dans ce roman passionnant, l’auteur acquitte pour la seconde fois Henri Girard, accusé, en 1941, d’un triple meurtre. Fin août, nous avions rencontré Philippe Jaenada. Interview.

D’un roman à l’autre, de Sulak à La petite femelle et, aujourd’hui, à La serpe, il y a comme un fil invisible qui lie entre elles les innombrables pages de Philippe Jaenada. Si bien que d’un livre à l’autre, il peut se permettre aujourd’hui de donner des nouvelles de ces branches éloignées de la famille littéraire qu’il s’est construite. Par un miracle qu’il ne s’explique pas, ces sujets-là lui sont, du reste, bien plus tombés dessus qu’il ne les a cherchés. Ainsi l’histoire d’Henri Girard qui, avant de connaître le succès en librairie avec Le salaire de la peur - sous le pseudo de Georges Arnaud - fut au centre d’une incroyable histoire de triple meurtre - son père, sa tante et la bonne - perpétré dans le château familial d’Escoire, au fin fond du Périgord, en octobre 1941.

Pendant des années, son ami Manu lui avait parlé de cet illustre grand-père, qui semblait avoir vécu mille vies. Mais jamais, jusqu’à il y a deux ans, il n’avait abordé le drame et le procès retentissant qui s’en suivit. "Je disais à mon pote qu’il était têtu comme une mule, mais que je ne voyais pas d’histoire, que cet homme avait eu une vie trop complexe, avec des combats trop lourds, politiques… Moi, j’aime les petites choses qui dérapent, qui clochent, sourit l’auteur. Quand il m’a raconté l’histoire de ce triple meurtre alors qu’on se connaissait depuis près de quinze ans, là, ça s’est mis à m’intéresser, parce que je voyais comme une petite porte pour rentrer dans l’histoire. Alors, j’ai commencé à creuser, à chercher, à Paris…"

À ce moment-là, vous pensez quoi de cet Henri Girard ?