Musique Le festival hennuyer, pour sa vraie première journée, a envoyé du lourd.

Chaque année, les organisateurs de Dour disposent les différents chapiteaux de manière différente : la Petite Maison dans la Prairie n’est plus dans la prairie, le Labo a pris la place de la Cannibal Stage, etc. Un peu comme un supermarché qui réachalande différemment ses rayons pour que la ménagère passe plus de temps à trouver la mayonnaise et, du coup, s’attarde au rayon lingerie où elle claque tout son pognon. L’idée, toutefois, ne doit pas se situer là dans la nouvelle cartographie du festival mais force est de constater que, cette année, on a l’impression de moins marcher entre les différentes scènes.

Ce qui n’est pas un luxe vu les températures affichées jeudi à Dour (32 degrés annoncés, bien plus ressentis) et l’éclectisme d’une affiche qui fait qu’il est impossible de se cantonner à une seule scène. Un détour par la Cannibal Stage - qui avait un accent stoner assez prononcé - s’imposait dès les aurores (vers 13h20, le temps de digérer les 2 Many DJ’s de la veille et l’euphorie de se retrouver entre potes pour faire la fête) avec My Diligence. Les Bruxellois n’étaient pas là pour discuter ou plaisanter mais pour présenter un premier album bien ficelé.

Quelques heures plus tard, du lourd toujours, mais avec davantage de charme vu la plastique de la chanteuse de Blues Pills. Elin Larsson, la Janis Joplin scandinave (parfois, certains écrivent n’importe quoi), est mignonne mais son blues-rock manque d’originalité.

Les gars de Soviet Suprem, eux, essaient de se la jouer décalé. Les pseudos des deux Parisiens - John Lénine et Sylvester Staline - font sourire mais le hip-hop goulag qui se veut groovy fait davantage penser à une parodie de Michaël Youn (jusque-là, on ignorait que ça pouvait exister) qu’à autre chose. Fuyons une Last Arena avec laquelle Rival Sons parviendra à nous réconcilier. Les mecs ont écouté Led Zep, c’est clair. Ils ont même adopté certains de leurs codes mais ça tient la route sur un bitume surchauffé.

Comme Raury (hip-hop, soul et rock dans un grand barnum vitaminé), Dario Mars & The Guillotines (dont on parle ci-dessous et qui est un vrai coup de cœur) ou Songhoy Blues (du rock malien à la banane contagieuse). Et bien d’autres sous un soleil qui n’a pas plombé la journée.