Musique Ce samedi, le festival hennuyer rentrait dans la dernière ligne droite.

"I can’t control my body. I can’t control my mind."

Goose essayait probablement de retranscrire un sentiment général samedi à 21h en apparaissant sur la Last Arena. Les Flamands, en tout cas, ont tout fait pour que la plaine soit emportée par une electro dansante au groove martelé par des guitares et une batterie.

Si ça fait huit ans qu’ils n’étaient plus passés par Dour, les Belges sont parvenus à leur fin : retourner un public qui a, pour une bonne partie, trois jours et demi dans les pattes. Et à Dour, les nuits comptent triple. Minimum.

Mais sans vouloir heurter quelques esprits chagrins ou verser dans l’angélisme béat, du bon son permet de tenir le coup. À défaut d’autres substances. Et il force aussi à arpenter la plaine en quête d’une découverte ou d’une confirmation.

Et sur le pont à 13h et des poussières - on en mange vu les chaleurs mais beaucoup moins que les saisons précédentes grâce à un travail fait sur le site - il ne fallait pas rater The Scrap Dealers.

Les Liégeois (voir ci-dessous) avaient cette tâche ingrate de balancer un mur de son à une heure où les oreilles veulent s’ouvrir à autre chose qu’à dj camping (discret cette année, yessssssssss ).

Et ça décrasse même s’il reste encore du boulot pour véritablement pouvoir apposer le mot psyché à côté du mot rock.

Za !, par contre, ne veut certainement pas qu’on lui colle la moindre étiquette. Du reste, difficile de classifier ces deux Barcelonais qui lancent leur show avec une boucle, une trompette et un refrain. Qui prend aux tripes et qui promet un gage de qualité. Mais les bruitistes se perdent parfois dans quelques détours où il n’est pas évident de les suivre.

Timber Timbre est plus sobre. Mais comme il ne veut pas de photographe, comme il l’a imposé, y aura pas de review . Dommage, c’était pas mal.

Mø aussi. Habillée comme une prétendante à la victoire finale à Wimbledon, Karen Marie Ørsted, la Danoise a assuré avec quelques aces qui font mal. La Jovanovic d’Odense a fait se tortiller quelques postérieurs mais s’est bien battue au filet, essayant de provoquer les choses.

Pas mal, mais dans le même temps, Carl Barât avait envahi la Petite Maison dans la Prairie (sans Pete Doherty, peut-être parce qu’il y a longtemps qu’il n’y a plus d’herbe dans cette prairie-là) avec les Jackals. English jusqu’au bout des riffs, le quatuor envoie des chansons catchy, aux refrains rapidement repris pour directement capter des spectateurs malheureusement peu nombreux.

Après 36 minutes, le Libertine se taille laissant craindre un départ prématuré (une heure de concert prévue) mais le bougre avait juste prévu de revenir, de jouer deux titres (dont The ballad of Grimaldi des Babyshambles), guitare aux accents gitanos à la main, puis de revenir avec son nouveau groupe. Et là, ça cartonne bien avec un final d’enfer.

Les nuits (car elles comptent triple) étaient bien lancées…


The Scrap Dealers, nouvelle force de frappe liégeoise

Le quintet, après deux EP, espère sortir rapidement un album déjà enregistré

Regis Germain prend une petite lampée de Jack avant de sacrifier à l’interview d’après-concert. C’est qu’il fait soif après un show de quarante minutes pendant lesquels les Liégeois de The Scrap Dealers se sont donnés sans compter.

Accompagné de l’autre compositeur du groupe, Hugues Daro, les deux gars issus de Jaune-Orange expliquent la démarche du groupe : "Il y a eu des phases de transition. On a fondé le groupe. On voulait que ce soit très vite construit, qu’on ait très vite plein de morceaux. On faisait du garage très primitif, trois accords, c’était très énergique. Tous les deux, on a essayé d’apporter autre chose. On a écouté plein de trucs, on a découvert plein de trucs, les gens étaient un peu surpris par l’évolution. Généralement, un groupe ne se modifie pas aussi vite en trois ans de temps. On fait un truc un peu shoegaze, on a brassé pas mal de style. On a commencé avec du garage rock un peu dégueulasse. On a senti que ça nous irait bien de faire ça mais on ne voulait pas rester calés dans un seul style. On a plein d’influences, on écoute plein de trucs. Les Scrap dealers, avant tout, c’est un groupe de rock alternatif. Dans le futur, on apportera peut-être d’autres choses."

Les Liégeois ont des goûts éclectiques. Hugues Daro parle d’abord des siens : "The perfect prescription de Spacemen 3 est mon disque absolu mais j’aime aussi Loveless de My Bloody Valentine même si je n’ai pas l’impression d’être supra influencé par eux, même s’il y a un mur du son et qu’ils sont assez pionniers en la matière. J’écoute aussi de la musique expérimentale, minimaliste des années 50-60 comme Stockhausen qui crée autre chose que de la musique rock. Moi, ma culture musicale a commencé par le hip-hop et puis par le rock. Maintenant, j’écoute d’autres choses et je pense que tout peut se mélanger de manière intelligente."

Après deux EP (un trois titres et un huit titres), le quintet a un album enregistré depuis dix mois : "On veut que les choses aillent très vite mais on veut aussi les faire de manière intelligente. Il ne faut pas trop se précipiter pour que l’album ne passe pas inaperçu. On veut faire le truc bien."