Musique Découverte à The Voice, la révélation 2015 - avec son tube Easy Come Easy Go - prend de l’altitude avec Higher. The roof is on Alice !

"C’est un peu dingue ce qui m’arrive…", avoue Alice on the roof qui, sur la base d’une seule chanson ( Easy Come, Easy Go ) est devenue un phénomène à seulement 21 ans (ce 23 janvier). Un son électro/pop qui a fait craquer toutes les salles de concerts belges et festivals d’été (même en Flandre !) sans même avoir sorti un album. "La scène fut une expérience traumatisante, explique-t-elle. Une remise en question car je perdais l’essence du truc. J’ai appris à mettre de l’intention dans chaque chanson. Avant, j’étais en mode automatique et j’étais mal à l’aise. Maintenant, ça va mieux. "

Un tel phénomène qu’on surnomme même son petit frère de 12 ans (vu aussi à ses côtés lors de The Voice) Louis on the roof, à l’école. "Je vis tout ça avec une certaine légèreté, c’est dans mon caractère de le vivre comme ça, de ne pas me prendre la tête. En même temps, c’est honorable d’être reconnue pour ma musique. Cela fait un an et demi que je suis dans le circuit, les paillettes ne m’intéressent pas, c’est la scène qui est gratifiante et j’ai envie que cela perdure." Et dire que tout a commencé lorsqu’elle est partie recommencer sa rhéto à Brookings en Oregon. Un déclic déterminant pour la jeune fille de 17 ans à l’époque. "Là-bas, j’ai fait partie d’une chorale : les ‘Sea Breeze’. Car j’habitais à la côte… Ils m’ont donné envie d’exploiter cette voix qu’ils adoraient."

Des américains qui lui ont aussi trouvé son nom de scène Alice on the roof (Alice Dutoit en vrai). "Elles déteignent l’une sur l’autre, nous confie-t-elle. Mais ce qui est marquant, c’est l’autodérision qui s’en dégage. Dans la vie de tous les jours, je ne me prends pas au sérieux, je m’enlaidis et fais des grimaces. Mais sur scène, je laisse ça de côté car ça ne fait pas rêver, or j’ai envie de faire rêver." Avant d’ajouter que "quand je suis Alice on the roof, j’ai plus de constance. Je m’exprime plus facilement via la musique et en anglais. Sur mon disque Higher, il y a d’ailleurs beaucoup de chansons sensuelles alors que, dans la vie, je suis sensuelle à 0 % !" (rires)

Grâce à son personnage, cela passe donc. "J’ai un côté un peu bipolaire que j’ai du mal à gérer. Dans le sens où je suis quelqu’un d’assez introvertie mais avec des moments de folie pure. J’essaye d’alterner. Aujourd’hui, j’ai une meilleure conscience de la scène, j’essaye de me montrer telle que je suis. Alice on the roof est un personnage mais j’essaye de rester un maximum intègre en même temps. Je ne suis pas parfaite mais je ne vise pas la perfection. J’aime bien le côté fragile, les fêlures, c’est plus intéressant."

Si Alice (au pays des merveilles) donne l’impression de jouer à cache-cache dans son premier album avec ce passage de l’adolescente à l’âge adulte, celle qui se décrit comme une grande romantique à fleur de peau a aussi l’impression de s’être trouvée. "J’espère toujours garder ce côté enfantin en moi mais en même temps, j’ai envie de grandir, de prendre en maturité et de me prendre en charge. La chanson avec le plus d’amertume sur mon album est Like a dying rose .. .dans laquelle je parle de quelqu’un en particulier. (sourires) Je ne prenais pas assez ma place dans ma relation et je me faisais écraser. J’ai envie de montrer que ça a eu des conséquences mais que j’en suis ressortie grandie !"


"Sans The Voice, je n’aurais jamais osé sortir un album"

Celle qui se retrouve nominée 5 fois aux D6bels Music Awards (artiste solo, artiste Pure FM, Révélation, Clip/video, Auteur/compositeur) est une descendante de l’écurieThe Voice Belgique, saison 3. "Sans The Voice, jamais je n’aurais osé sortir un album, confesse la jeune montoise Alice Dutoit. Cette expérience m’a permis d’avoir davantage confiance en moi. Ce fut trois mois en accéléré. J’ai été prise pour une innocente ou pour quelqu’un d’enfantin, parfois dans l’excès. Et j’avais envie qu’on me prenne plus au sérieux, d’où ce changement de style musical et de look." Mais celle qui, comme Loïc Nottet, n’a pas remporté le télé-crochet - dans lequel elle réapparaîtra cette année - n’a aucun regret car "cela n’aurait pas été possible de sortir un album dans la foulée de l’émission, je n’avais aucun plan à ce moment là".

Marc Pinilla, de Suarez et ex-coach de The Voice qui l’a prise sous son aile, a alors été un déclencheur. "Il a senti, il y a quelques mois, qu’il devait me laisser un peu voler de mes propres ailes. Mais il reste de très bon conseil, il a d’ailleurs composé mon album avec son musicien Dada. On forme une bonne équipe car lui est un fonceur et un entrepreneur et moi, une rêveuse avec un grain de folie et de fantaisie."