Musique

Après avoir été une légende vivante pendant plus d’un demi-siècle, Aretha Franklin s’est éteinte à Detroit, ce jeudi, à l’âge de 76 ans. 

Atteinte d’un cancer diagnostiqué en 2010, la chanteuse avait vu son état de santé très sérieusement se dégrader ces derniers jours. “Sa famille demande au public de prier et de respecter son intimité”, avait indiqué un journaliste proche de la famille.

L’Amérique a perdu une de ses plus belles voix mais aussi une infatigable militante des droits civiques. L’an dernier, la chanteuse aux 18 Grammy et aux 75 millions de disques vendus avait annoncé vouloir prendre sa retraite après avoir publié un dernier album enregistré à Abbey Road (Londres) en compagnie du Royal Philharmonic Orchestra et dans lequel elle reprenait ses plus grands titres. Il se dit qu’elle avait aussi le projet d’enregistrer un autre disque avec Stevie Wonder et Elton John avant d’être victime de problèmes de santé qui l’ont contrainte à annuler plusieurs concerts l’an dernier. Sa dernière prestation remonte au 2 novembre à New York, à l’occasion d’une soirée donnée pour la fondation AIDS d’Elton John.

Née à Memphis en 1942 mais ayant grandi à Detroit, Aretha Franklin était la fille d’un pasteur baptiste et militant des droits civiques très influent aux États-Unis et d’une mère chanteuse de gospel et pianiste. C’est à la demande de son père et contre son gré qu’elle a commencé à chanter en public dans l’église de ce dernier. Et c’est à 14 ans seulement qu’elle a réalisé ses premiers enregistrements. Mais ce n’est qu’à partir de 1967, après avoir signé sur le prestigieux label Atlantic, qu’elle connaît un succès sans pareil. La sortie d’un single, I Never Loved a Man (the Way I Love You), et de l’album du même titre la propulse sur le devant de la scène. C’est l’époque des luttes pour les droits civiques aux États-Unis, ce qui contribue à mettre en avant les musiques urbaines afro-américaines. Devenue une icône populaire, elle gagne ses titres de reine de la soul.


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