Musique Entre Arno, Kyo, Sharko et la découverte Gonzo, le démarrage de la 22e édition des folies y est allé franco avec sa journée en "0".

Sous un soleil de plomb, les Francos 2015 (qui passe de 5 à 4 jours, se (re) dote d’une scène acoustique dans le Village Francofou et fait le pari non musical de Gad Elmaleh dimanche) ont démarré en fanfare avec Sharko (tard dans la soirée), KYO (interview sur dh.be) et la star incontestable de ce vendredi, le chanteur belgo-belge Arno.

"Cela fait 4 ou 5 fois que je viens ici", nous confie-t-il dans sa loge juste avant sa transpirante prestation.

"Je ne sais pas compter, j’allais à l’école pour nager moi." Toujours aussi allumé en interview, l’artiste revendique son côté scénique. "La scène est ce qui a de plus important pour moi, c’est là où j’ai commencé.

Faire des disques, c’est pour les chanteurs de variétés et comme je suis un chanteur de variété raté, ça ne va pas. Je suis même plutôt un chanteur de charme raté, à cause de ma coiffure (sourires)."

Au fur et à mesure de son concert au Parc dès 7 heures, la foule affluait entre deux coups de chaleurs. "Je suis quelqu’un qui a eu beaucoup de chance", admet celui qui a dédié une chanson à sa maman (Les yeux de ma mère).

"J’ai commencé à 19 ans et je suis toujours là, aujourd’hui, à 66 ans. Jusqu’à maintenant, je n’ai jamais travaillé !" Son secret ? "Mon odeur, je crois", plaisante-t-il, "je sens le Belge !" Trilingue, la Belgique l’inspire d’ailleurs toujours autant. "J’habite au centre du pays, à Bruxelles. Je me sens donc Belge. On vit au centre de l’Europe mais existe-t-elle encore ? On a beaucoup de chance de vivre ici, c’est une ville du surréalisme, entre Belges, Flamands, Arabes et des filles en burka.

C’est génial, c’est très cosmopolite." Arno se rappelle alors que c’est l’être humain qui dirige sa vie. "Les faiblesses et les conneries de l’être humain sont mon inspiration", souligne celui qui a provoqué une vague de bonne humeur aux Francofolies sur le festif Les filles du bord de mer.

"J’ai acheté ma liberté avec la musique. Je suis accro à cela.

C’est mon adrénaline. Et l’adrénaline, c’est la drogue que se fabrique lui-même l’être humain.

La musique est ma maîtresse… et quelle salope ! Mais c’est une belle salope ou une escalope… Car elle ne m’a jamais trompée."

Tout comme son public qui attend avec impatiente son prochain album -" je dors très mal en ce moment car je suis le cul entre deux chaises, les festivals et le studio"- prévu fin d’année.

"Le rock’n’roll a perdu son rock et son roll", déplore ainsi Arno.

"Il n’y a plus de révolte dans le rock. On est dans une époque du conservatisme avec des érections comme la Tour Eiffel. Plus aucune révolte, juste du marketing.

Or, on en a besoin aujourd’hui car les jeunes font des études pour des métiers qui n’existeront peut-être plus dans 5 ans."

Sa révolte à lui, c’est donc de chanter. Et il le fera jusqu’à sa mort. "Je vais crever sur scène oui car crever dans une salle de bain, c’est un peu con hein (sourires) !"