Musique Le chanteur a été décoré par Didier Reynders. Il nous a parlé de son spectacle d'octobre

BRUXELLES Pascal Légitimus et Michèle Bernier étaient à Bruxelles, ce jeudi, pour leur spectacle et, du coup, ils furent invités à la fête à Aznavour, en même temps que beaucoup d'artistes belges: Marka, Perry Rose, Vincent Venet, Mélanie Martins, Largo et Frédéric François pour qui Aznavour avait écrit plusieurs chansons dont Quand mon père nous a quittés.

Cette fête avait lieu dans un endroit inattendu: l'Hôtel des Finances. C'est bien le ministre Didier Reynders qui, en présence d'Olivier Chastel, ministre des Arts et des Lettres de notre Communauté française, a remis à Charles Aznavour la médaille d'officier de l'Ordre de Léopold. Pourquoi le ministre des Finances? «Il m'a été donné de le rencontrer après un spectacle que j'étais allé voir en compagnie de mon père qui a le même âge que lui. Nous avons eu des points de conversations en commun. D'abord parce qu'il a très bien connu Liège. Ensuite, parce que mon porte-parole a été l'organisateur de ses tournées en Belgique. Et lorsque nous avons pensé qu'il serait bien de l'honorer, Louis Michel m'a proposé de m'en occuper.»

Charles Aznavour a été décoré pour services rendus: à la chanson, à la défense de la langue française, à la défense de l'Arménie dont il est l'ambassadeur auprès de l'Unesco.

Ses liens avec la Belgique sont évidents, bien sûr par les tournées qu'il a faites chez nous en y drainant un public nombreux, mais aussi pour avoir collaboré avec de nombreux Belges: des téléfilms avec Annie Cordy, un duo avec Axelle Red, il a Claude Lombard pour principale choriste et il a écrit des chansons pour Frédéric François, Frank Michaël et Johnny Hallyday.

Charles Aznavour est reparti dès le soir car le Palais des Congrès de Paris l'attend avec son nouveau spectacle qui est aussi le spectacle de ses 80 ans (qu'il fêtera, en réalité, ce 22 mai). Ce spectacle est monté dans la foulée de son nouvel album, Je voyage.

Pourquoi des chansons nouvelles? Est-ce que le meilleur spectacle, ce ne serait pas les 40 chansons les plus populaires de votre carrière?

«Non! Dans tout spectacle, il faut une progression. Si La Bohème se trouvait aujourd'hui dans la liste des chansons nouvelles, elle ne ferait pas le même succès. Il faut qu'une chanson prenne de l'âge, qu'elle entre dans la tête et le coeur des gens.»

Si, à 40 ans, on vous avait demandé s'il y avait des chances qu'à 80 ans, vous soyez toujours sur scène?

«J'aurais répondu oui. Parce que je fais un métier que j'aime et c'est un métier qu'on a envie de faire jusqu'à la fin de ses jours. Depuis deux ou trois ans, j'ai des problèmes de mémoire. Je me trompe dans les textes. Mais ça, ça n'a pas trop d'importance car cela me permet de raconter mes bêtises au public. J'en profite honteusement. Et souvent ils croient que ça fait partie du spectacle.»

Finalement, Brel est le seul à avoir quitté la scène...

«Il avait ses raisons auxquelles je ne croyais pas. J'en ai discuté avec Jacques, un jour, à Londres. Il m'a dit qu'il avait peur du moment où son écriture s'arrêterait. Il a dû avoir peur de la page blanche. Il y avait autre chose, chez lui: il souffrait au moment d'entrer en scène. Moi, je me suis débarrassé de ça quand j'ai compris que le public venait uniquement pour moi. J'ai cessé de ne plus avoir confiance en moi le jour où j'ai eu confiance dans le public.»

Vous annoncez un album de duos, notamment avec Bono.

«On va me faire travailler comme une brute, cette année. Cet album est prévu pour l'automne. Beaucoup de noms sont retenus mais, comme Saint-Thomas, je ne croirai que ce que je verrai.»

Charles Aznavour chanteraà Forest National les 29 et 30 octobre. Réservations: 0900/00.600

© La Dernière Heure 2004