Musique

Il sort son deuxième disque, Ton image

BRUXELLES Ben Ricour, c'est l'un de notre coup de coeur. Beau gosse, humble, mais surtout talentueux, le jeune homme, qui a sa part dans le succès d'Olivia Ruiz (c'est lui qui a composé le titre J'traîne des pieds), est en plus un vrai bonheur sur scène. Que ceux qui ne le connaissent pas commencent à s'y intéresser de plus près: Ben Ricour pourrait bien faire partie de "ceux qui comptent" dans le paysage musical francophone d'ici très peu de temps. Son deuxième album, Ton image, vient de sortir. On y compte des collaborations avec M, Mickaël Furnon et Pierre Grillet (parolier de Bashung, Dani, Chamfort...). Rencontre.

Quand vous avez commencé à travailler sur Ton image, vous vous sentiez comment? Angoissé ou plutôt serein parce que la tournée qui venait de s'achever fut belle?

"Plutôt angoissé parce que comme on dit le deuxième album c'est plutôt un cap. A partir du moment où la tournée s'est terminée et que j'ai enchaîné sur l'écriture de cet album, j'ai senti une certaine attente. J'avais de la pression pour le timing. C'est-à-dire que le premier album, j'ai eu beaucoup de temps pour le faire mais très peu de moyen et là, c'était le contraire: j'ai enregistré dans un vrai studio mais avec très peu de temps. C'était tendu au début. J'ai eu droit au discours de la maison de disque qui me disait: oui mais tu sais, il faut des singles... Mais moi je travaille sur un disque. J'essaie de faire des chansons, qui vont avoir de la couleur, un parfum différent. Je trouvais ça un peu cliché. J'ai du batailler avec tout le monde. Finalement, on est revenu vers moi en me disant: Fais ce que tu as à faire."

Musicalement, vous aviez une envie précise: faire un album plus proche que le premier de ce que vous faites en live...

"C'est ce que j'ai essayé de faire, oui. En fait tout simplement, je me suis inspiré de toute l'expérience que j'avais acquise sur ma tournée. En 80 dates sur un an et demi, ma gorge était plus renforcée que sur le premier album. C'est vraiment le mélange de ce premier disque, plus le côté live qui donne un côté un peu plus énergique..."

Vous disiez, à la sortie de L'aventure, votre premier disque, que vous aviez du mal à vous assumer en tant que chanteur parce que ça vous était tombé dessus par hasard. Ça va mieux?

"Oui. En fait j'ai commencé par la guitare. Et c'est la guitare qui me fait chanter. Je ne chante pas sous ma douche ou dans ma cuisine. C'est la guitare qui me donne une espèce d'impulsion et qui fait que la voix sort. En définitive, je suis plus un guitariste chanteur. Mais j'ai pris pas mal de plaisir à chanter sur cet album et à vraiment sortir le chant comme il devait sortir, c'est-à-dire quand il y a de la rage ou de la colère, il faut vraiment aller chercher au fond de soi et donner quelque chose de vrai. Sur les points plus sensibles, plus doux, pareil. Plus ça va, plus j'aime chanter. Sur la tournée qui va suivre cet album, le fait d'être à quatre, ça va me permettre de relacher la guitare est d'être plus dans le chant. L'année prochaine, je devrais être un chanteur assumé."

Vous avez travaillé avec Mickaël Furnon. Ça s'est passé comment?

"C'était marrant parce qu'on a écrit la chanson par Internet. Moi, pour la première fois je me suis muni d'un ordinateur portable et je suis entré dans le monde virtuel. Je me demandais vraiment comment j'allais faire. Mais bon, je me suis muni de logiciels très simples et j'ai commencé à envoyer des mails. J'aime beaucoup le travail de Mickey, sur les textes. Ce n'est pas quelqu'un qui va vous servir une chanson sur un plateau: il a son univers, avec son imaginaire. Ce qui c'est passé, c'est que je lui ai envoyé un titre, qui n'était pas Sors de l'ombre et qu'il m'a renvoyé en me disant "j'adore mais je ne pourrai pas le faire". De fil en aiguille, on a commencé à s'envoyer des bouts de chansons, des paroles. J'enregistrais des guitares-voix et je les envoyais instantanément. Ce que j'ai trouvé super avec Internet. Puis je suis tombé sur cette mélodie et ça a tilté dans ma tête: j'étais sûr qu'il allait pouvoir m'écrire quelque chose là-dessus. Je n'ai pas eu de réponse tout de suite et une semaine après, il m'a envoyé le texte. Dans ce texte-là, je le reconnaissais lui et moi. Notre côté très intègre, c'est-à-dire à essayer de faire des vraies choses. On est sincère avec nous-mêmes et du coup, on se retrouve en lutte avec l'industrie qui vous dit "mais enfin essaies de t'ouvrir, de faire des singles tout ça". Je pensais que plus j'avancerais dans la musique, plus je comprendrais comment les choses fonctionnent et en fait, plus j'avance, plus... (il grimace). Je ne suis plus vraiment malléable. Il y a parfois des accroches artistiques et je suis très sensible là-dessus et je ne peux plus faire autre chose que du Ben Ricour. Sauf quand j'écris pour quelqu'un d'autre, alors là je me mets au service de la personne."

Justement. Vous avez écrit pour Olivia Ruiz, Pagny... vous avez d'autres collaborations en vue?

"Le succès de la chanson avec Olivia, c'était une grosse surprise mais en même temps c'était très sympathique. Depuis le succès de ce titre, je suis pas mal demandé pour écrire des chansons pour d'autres. Maintenant, ce n'est pas ma spécialité mais j'adore ça. Il faut quand même que l'univers de la personne me parle, m'intéresse. Pour l'instant, j'ai des petites choses mais pas concrètes donc je ne préfère pas trop en parler.



Vous avez collaboré avec Mickaël Furnon. Ça s'est passé comment?

"C'était marrant parce qu'on a écrit la chanson par internet. Moi pour la première fois je me suis muni d'un ordinateur portable et je suis entré dans le monde virtuel. Je me demandais vraiment comment j'allais faire. Mais bon, je me suis muni de logiciel très simple et j'ai commencé à envoyer des mails. Ça faisait longtemps que j'aime beaucoup le travail de Mickey, sur les textes. Ce n'est pas toujours quelqu'un qui va vous servir une chanson sur un plateau: il a son univers, avec son imaginaire. Ce qui c'est passé, c'est que je lui ai envoyé un titre, qui n'était pas Sors de l'ombre et qu'il m'a renvoyé en me disant, j'adore mais je ne pourrai pas le faire. De fil en aiguille, on a commencé à s'envoyer des bouts de chansons, des paroles. J'enregistrais des guitares-voix et je les envoyais instantanément. Ce que j'ai trouvé super avec Internet. Puis je suis tombé sur cette mélodie et ça a tilté dans ma tête: j'étais sûr qu'il allait pouvoir m'écrire quelque chose là-dessus. Je n'ai pas eu de réponse tout de suite et une semaine après, il m'a envoyé le texte. Dans ce texte-là, je le reconnaissais lui et moi. Notre côté très intègre, c'est-à-dire à essayer de faire des vraies choses. On est sincère avec nous-mêmes et du coup, on se retrouve en lutte avec l'industrie qui vous dit mais enfin essaies de t'ouvrir, de faire des singles tout ça. Je pensais que plus j'avancerais dans la musique, plus je comprendrais comment les choses fonctionnent et en fait, plus j'avance, plus... il grimace. Je ne suis plus vraiment malléable. Il y a parfois des accroches artistiques et je suis très sensible là-dessus et je ne peux plus faire autre chose que du Ben Ricour. Sauf quand j'écris pour quelqu'un d'autre, alors là je me mets au service de la personne."



Vous avez ainsi écrit pour Pagny, Olivia Ruiz... Vous avez des collaborations en vue?

"Le succès de la chanson avec Olivia Ruiz, c'était une grosse surprise mais en même temps c'était très sympathique. Depuis le succès de ce titre, je suis pas mal demandé pour écrire des chansons pour d'autres. Maintenant, ce n'est pas ma spécialité mais j'adore ça. Il faut quand même que l'univers de la personne me parle, m'intéresse. Pour l'instant, j'ai des petites choses mais pas concrètes donc je ne préfère pas trop en parler."



Ben Ricour, Ton image (Warner)



© La Dernière Heure 2007