Musique

Le chanteur l’a annoncé lors de sa prestation dimanche soir à l’AB

Après avoir décommandé toutes ses dates en festival cet été, Bertrand Cantat a mené vaille que vaille tous ses concerts en salle. Dimanche soir, il était à Bruxelles, à l’Ancienne Belgique, pour assurer sa seule présence de l’année sur le sol domestique. Après une petite demi-heure de concert, et en conclusion d’une chanson à la fin de laquelle il avait été ovationné, le chanteur français a eu cette phrase sibylline : "Merci, ça fait plaisir. Surtout pour la dernière date de la tournée et la dernière date tout court" .

Est-ce à dire que Bertrand Cantat, dont on connaît le parcours judiciaire et le tollé que son retour sur scène a provoqué chez certains, met un terme définitif a une carrière où il fut successivement le leader de Noir Désir ou de Detroit avant d’entamer, récemment, une carrière solo ? L’information a été confirmée par Pascal Humbert, de Détroit : "C’est notre dernière, probablement la toute dernière. Et nous sommes très heureux que ce soit à Bruxelles" .

Une information de la DH confirmée par France Télévisions ce lundi. Le chanteur n'honorera pas ses deux dernières dates de concert à Pau et à Bordeaux les 20 et 21 décembre.

Ému mais plus que jamais motivé et engagé, l’artiste, luttant contre un lumbago qui le faisait visiblement souffrir a, malgré cette décision, livré une prestation cinq étoiles. Les titres se sont enchaînés. Les refrains en chœur aussi. Symboliquement, le chanteur a assuré la fin de son concert en revêtant un maillot de l’équipe nationale belge ! Un véritable pied de nez à la France soumise. L’homme ne manquera d’ailleurs pas d’écorcher la mentalité dans l’Hexagone mais aussi certains artistes du showbiz…

Dans la salle, les larmes coulent chez certains, les cris de rage s’échappent chez d’autres. Personne ne veut y croire mais l’émotion et les discours de ses musiciens ne font que confirmer la décision.

Il faut dire que depuis la parution d’une couverture des Inrocks qui mettait à sa Une Bertrand Cantat alors que sévissait la tempête Weinstein, le chanteur, condamné à 8 ans de prison pour avoir mortellement frappé sa compagne Marie Trintingnant, était la cible notamment de nombreux mouvements et associations féministes.

Contrairement à ce qui s’était passé lors de son retour sur scène avec son groupe Detroit, Bertrand Cantat a cette fois dû faire face à des détracteurs très motivés et inventifs, pour l’empêcher de monter sur scène : manifestations devant les salles où il devait se produire et surtout pressions exercées sur les propriétaires des salles et les organisateurs de concerts et de festivals.

Lors du concert qu’il a donné jeudi au Zénith, toujours à Paris, Bertrand Cantat était sorti de ses gongs, fustigeant ceux qui s’en prennent à lui : les censeurs mais aussi la presse.