Musique Avec six Grammy Awards, l’Américain est le grand vainqueur de la 60e cérémonie des Grammy Awards organisée à New York.

À 32 ans, Bruno Mars a littéralement dominé de la tête et des épaules la 60e cérémonie des Grammy Awards organisée dans la nuit de dimanche à lundi. L’auteur-compositeur-interprète et producteur américain est reparti de la grand-messe américaine récompensant la musique avec les bras bien chargés. Il a fait un carton plein, remportant tous les prix dans les catégories où il était en lice, à savoir six. Dont trois des trophées les plus importants : ceux du meilleur enregistrement et du meilleur album pour 24K Magic, et celui de la meilleure chanson pour That’s What I Like. De quoi dégoûter à tout jamais Luis Fonsi et Daddy Yankee dont le Despacito a été relégué aux oubliettes malgré ses records de l’été (4 milliards de vues sur YouTube !). Ils sont repartis bredouilles, tout comme Jay-Z qui avec huit nominations espérait pourtant accroître sa collection de Grammys - dont le compteur reste bloqué à 21 - grâce à son album surprise du début de l’été, 4:44.

Malgré les cinq trophées décernés à Kendrick Lamar, qui s’est adjugé tous ceux de la catégorie Rap ainsi que la meilleure vidéo pour Humble, le hip-hop est une fois de plus le perdant de cette cérémonie des Grammys. Bien que le genre règne aujourd’hui sur la musique, cela fait quinze ans qu’il n’a plus été couronné aux États-Unis par une des plus prestigieuses récompenses, celle d’album ou chanson de l’année…

Au-delà de la musique, la soirée organisée au Madison Square Garden de New York a aussi été marquée par de nombreuses prises de position politiques. À l’instar de ce qu’on a connu des dernières semaines dans le monde du cinéma, les questions du harcèlement sexuel et de l’égalité entre hommes et femmes se sont invitées. Lady Gaga, Kesha, Cindy Lauper, Sting et d’autres portaient des roses blanches en référence aux mouvements #MeToo et Time’s Up ou ont fait allusion à ceux-ci.

Dès le début de la cérémonie, Kendrick Lamar avait donné le ton avec une version coup-de-poing de son titre XXX, issu de l’album DAMN, dans lequel il évoque les meurtres de jeunes Noirs aux États-Unis dont on se souvient qu’ils ont marqué les années 2015 et 2016. Le rappeur californien était accompagné du chanteur de U2 lors de sa prestation.

Bono et les siens, de même que la jeune Camilia Cabello, ont aussi abordé, en musique ou lors de leurs interventions, la question des migrants, fustigeant par-là la politique migratoire du président Donald Trump.

Des miettes pour les autres

Derrière Bruno Mars et Kendrick Lamar, il ne sera resté que des miettes pour les autres lauréats de la soirée. Impérial dans les ventes, en streaming et précédent détenteur du record de vues sur YouTube, Ed Sheeran est rentré chez lui avec deux récompenses. Celles pour le Meilleur album pop vocal et de Meilleure performance pop en solo.

Du côté rock, les Américains de The War On Drugs ont été couronnés avec leur album A Deeper Understanding, tandis que les Foo Fighters se sont offert la chanson rock de l’année avec Run.

Impossible ici de vous détailler les 84 catégories récompensées lors de ces 60e Grammy Awards (dont les improbables Meilleur livret d’album, Meilleur son surround et autres Meilleur album parlé (poésie, audio livre, etc.)). Mais on s’en voudrait de ne pas vous informer du trophée de la révélation de l’année qui a été décerné à la jeune Alessia Cara (21 ans).

Quant au prix de l’album Dance/Électro, il a été attribué à 3-D The Catalogue des vétérans de Kraftwerk.