Musique 2017 a eu ce côté historique en Belgique : la musique dématérialisée y a, pour la première fois, dépassé la musique physique.

La part numérique du marché de la musique (téléchargements + streaming), qui dépasse son homologue physique (ventes de CD, de vinyles, de DVD musicaux et de concerts live) : check , depuis 2015, mais à l’échelle mondiale seulement (année où l’industrie du disque repartait à la hausse, après 20 années de chute continue). En revanche, dans notre plat pays, en 2016 encore, les revenus physiques de la musique pesaient toujours plus lourd que ceux générés par le seul streaming musical payant, secteur en plein boom tiré par le triumvirat Spotify, Apple Music et Deezer - qui, réunis, concentrent plus de 80 millions de souscriptions payantes dans le monde. Cette résistance a officiellement pris fin : 2017 restera dans l’histoire comme la première année où papy CD est pour la première (et pas la dernière) fois supplanté par le streaming musical en Belgique, comme le confirme le dernier bilan établi par BEA Music, la fédération professionnelle où l’on retrouve les producteurs de musique.

Au total, le streaming musical, en croissance de plus de 38 % par rapport à 2016, pèse 41 % de toutes les ventes de musique dans notre plat pays. C’était 20 % en 2015, 29 % en 2016. Comparativement, le CD ne s’accapare plus que 37 % du gâteau. "Avec les téléchargements, qui génèrent plus de 9 millions de ventes, le digital (streaming + téléchargements) représente aujourd’hui 54 % de toutes les ventes de musique ou plus de 39 millions d’euros, à l’inverse de l’année dernière où les ventes de CD, vinyles et DVD représentaient 56 % du marché, contre 47 % aujourd’hui", souligne Bea Music. "Le pic du streaming musical payant n’a certainement pas encore été atteint en Belgique", prédit, sans trop de risques, Pieter Swaelens pour Bea Music.

N’enterrons toutefois pas le bon vieux support physique, quelle que soit la taille de sa galette de silicium, CD, DVD musicaux et vinyles pèsent toujours 31 millions d’euros annuels en Belgique. Le support vinyle, d’ailleurs, n’en finit plus de croître (+24). Il pèse 8 % du marché, plus si loin des téléchargements musicaux (13 %), eux, en perpétuelle déliquescence…