Musique Pour sa deuxième date au Bota, il a été fidèle à sa réputation. Non pas celle de Menteur, mais bien de bête de scène

BRUXELLES On le disait furieusement passionné sur scène. On nous parlait de son sens du drame et de son enthousiasme débordant. Jeudi, Cali n'a pas failli à sa réputation: il a transpiré, craché (sur son batteur), hurlé, ému... L'Orangerie du Botanique frétillait d'avance lors de la première partie (l'excellent jeune talent Brice) à l'idée du concert qui l'attendait. Et 2 h 15 plus tard, une fois les lumières rallumées, la salle planait encore, portée par la ferveur du Perpignanais et la voix de Maria Callas que le chanteur avait choisie pour ouvrir et clôturer son spectacle.

Bruno Caliciuri fut somptueux dès le premier titre, le cruel Je te souhaite à mon pire ennemi. Noyé dans l'ombre, le chanteur se laissa le temps de la chanson pour se métamorphoser en bête de scène. Il apparut, en pleine lumière, sur Je m'en vais, dans une chemise rouge vif qui fut rapidement trempée de sueur d'abord, et d'eau ensuite. Cali renversa sa bouteille sur son crâne avant de balancer le reste sur son public et de se mettre à hurler, en prélude à son tube: «C'est quand le bonheur? C'est ce soir!» Une intervention qui fit évidemment mouche dans le public. Ce ne fut pas le cas de toutes ses prises de parole. «Vous voyez la pochette de mon dernier album? C'est mon visage en noir et blanc avec les yeux colorés. Vous voyez la pochette du dernier Johnny? C'est la même chose. Moi, j'ai appelé mon album Menteur. Lui, Ma vérité. Fumier, va! Voleur!» L'Orangerie hua Johnny pour faire plaisir à Cali. Jusque-là, tout le monde souriait. Ensuite, en s'interrogeant sur le nombre de jours de deuil à la mort de Johnny (lors de la chanson Il y a une question), il leva son majeur droit. Certains trouvèrent ça drôle, d'autres moins. Mais qu'importe...

De nombreux artistes nous parlent souvent de leur plaisir à être sur scène, de l'aboutissement que ça représente, sans pour autant réussir à faire partager réellement leur bonheur avec les gens venus les applaudir. Cali, lui, sur scène est en pleine extase. Transporté par son public (au propre comme au figuré: il traversa la salle, sur la chanson Elle m'a dit, couché sur les mains tendues de ses fans), il se régale autant que nous. Cali est fait pour la scène. Ça se voit. Ça se ressent. C'était parfait.

© La Dernière Heure 2005