Musique Charles Aznavour dit avoir réglé sa succession depuis 30 ans, en toute légalité.

Qui n’a pas en mémoire la guerre des clans à la suite du décès de Johnny Hallyday et à la découverte de son testament dans lequel il déshérite son fils David et sa fille Laura Smet ? Rien de tel ne devrait se passer de la sorte du côté des Aznavour. Le 16 septembre dernier, sur TF1, le chanteur affirmait avoir tout mis en place depuis longtemps. "Ça fait trente ans que j’ai fait mon testament, confiait-il. Je ne veux pas qu’on se batte pour une cuillère ou une fourchette, c’est ridicule."

Plutôt que des cuillères ou des fourchettes, ce sont plutôt 145 millions € qui sont en jeu. Une fortune essentiellement composée de biens immobiliers. Le site suisse Via Capitale en compte au moins deux situés dans le canton de Genève, à proximité du lac Léman. C’est là que vivaient le couple et un des fils du chanteur. Dans son livre Charles Aznavour, une légende hors du temps, Claire Lescure évoque également la propriété de Mouriès, en Provence-Alpes-Côte d’Azur, là où il est décédé, soit 40.000 m² comprenant une fabrique d’huile d’olive. En 2012, il affirmait au Point fournir de grands noms de la cuisine et même l’Élysée, sans toutefois en tirer un quelconque profit.

En mars dernier, une enquête de Médiapart et du Soir levait aussi le voile sur le système mis en place par le chanteur pour protéger son patrimoine, le tout en toute légalité selon les observateurs. Au cœur du dispositif figurait son statut de résident suisse qui lui permettait de n’être que très peu imposé en France, ainsi qu’une société basée au Luxembourg, Abricot SA, qui, elle, l’autorisait à défiscaliser ses droits d’auteur comme ses dividendes. De surcroît, le droit luxembourgeois permet aujourd’hui à ses héritiers, que sont son épouse Ulla et ses cinq enfants - Patrick, son second fils, étant décédé -, de bénéficier de frais de succession moins importants que dans l’Hexagone.