Musique L’auteur-compositeur et interprète du tube Madame a reçu une visite surprise lors de son dernier concert mercredi soir.

"Je n’ai que des problèmes de santé", nous confiait Claude Barzotti il y a deux mois lorsqu’il nous avait invités dans sa demeure pour parler du concert de ce mercredi soir - organisé par le Rotary Club - au profit du Creb (Centre de rééducation de l’enfance à Bruxelles). "J’ai été opéré du pancréas, des reins et on m’a fait une biopsie du foie. Mais même si ça va beaucoup mieux, ce n’est pas facile tous les jours."

Malgré ses anciens soucis d’alcool, le chanteur belgo-italien de 64 ans remonte sur scène. Et grâce à sa générosité de ce mercredi soir, l’ASBL qui s’occupe d’enfants lourdement handicapés va pouvoir créer 30 lits supplémentaires dans une nouvelle construction près d’Erasme. Les bénéfices du concert étant entièrement reversés au Creb. "L’argent ne m’intéresse pas, je fais beaucoup de concerts pour rien", confirme le chanteur qui est encore resté plus d’une heure après sa tendre prestation pour signer des dédicaces à tous ses fans. Dont une un peu particulière pour l’interprète de Madame.

À savoir une certaine Christiane, persuadée d’être cette fameuse Madame dont Claude Barzotti "pense souvent" dans sa chanson devenue culte. "Ah, c’était vous ?", s’étonne-t-il un peu lorsque cette dame de 70 ans lui annonce la nouvelle. En effet, le rital le plus courtisé de la chanson française a toujours dit que la femme qui avait inspiré sa chanson était une madame très solitaire et triste qu’il avait un jour vu à la terrasse de l’hôtel Métropole à Bruxelles. "Quand je lui ai donné une date exacte au milieu des années 70, il m’a confirmé que ça concordait. Et j’ai remarqué que sa main tremblait au moment de me signer mon autographe, raconte celle qui n’avait jamais osé l’approcher auparavant. Aujourd’hui, comme j’habite tout près de cette salle (l’auditorium Jacques Brel à Anderlecht, NdlR), j’ai décidé de laisser ma timidité derrière moi et je suis allée le trouver."

Même si Claude Barzotti restait un peu sceptique, cette ancienne employée de Léonidas en reste, elle, persuadée. "J’étais plus jeune et plus jolie à l’époque, j’avais les cheveux auburn aussi, sourit celle qui se souvient même qu’elle portait une jupe bleue et un chemisier blanc ce jour-là. J’attendais mon ex-mari, qui était coiffeur, à cette fameuse terrasse. Il est possible que je me trompe mais je me souviens qu’il me fixait longuement ce jour-là. Prochaine fois, je lui montrerai des photos de moi plus jeune pour en avoir le cœur net (sourire) !"

Quoiqu’il arrive, en voilà une bien belle histoire, n’est-ce pas Mesdames ?

Le Grand Jojo: "Il vendait mes disques chez Vogue !"

"Au tout début, Claude était représentant, nous rappelle Le Grand Jojo présent mercredi soir pour soutenir son ami Barzotti. Il vendait mes disques chez Vogue (rire) ! Puis il est devenu directeur artistique et je l’ai vu composer Madame . On était très proche et encore maintenant. C’est un artiste que j’aime beaucoup."

Jean et Claude avaient même déjà fait un duo ensemble à Forest National. "C’est un de mes meilleurs souvenirs, glisse l’interprète d’On a soif ! C’est un truc qui a été fait une fois et qui a été tellement réussi que je ne pense pas qu’on pourrait refaire la même chose. Mais bon, on est souvent en contact, on se téléphone tout le temps." Et le chanteur belge de 81 ans ne tarit pas d’éloges sur son camarade. "Ses chansons ont marqué, conclut-il. Tout ce qu’il a fait, ce sont des tubes. Sa chanson Je suis rital et je le reste est née car, chez Vogue, tout le monde l’appelait le rital. On a passé de bonnes années ensemble. Et ce soir, j’ai vraiment retrouvé Claude. Il a vraiment eu de mauvais moments mais, ce soir, il était là. Il est de retour. Et, contrairement à beaucoup d’artistes, il connaît ses textes, il ne regarde pas son prompteur ! Il a encore en mémoire tous les textes de ses chansons. Bref, j’étais content d’être là pour lui prouver mon amitié."

Stéphane Pauwels : "Je veille un peu sur lui"
© DEMOULIN BERNARD

"Même s’il était de temps en temps un peu en difficulté ce soir, Claude revient de loin quand même, confie son ami Stéphane Pauwels, fidèle de la fête du Rotary Club. Mais tout le monde chantait ses chansons alors qu’il ne vend plus un disque depuis des années à cause de ses problèmes d’alcool."

Celui qui a fait son meilleur score d’audience avec Barzotti (plus de 650.000 téléspectateurs) dans Les Orages de la vie sait de quoi il parle. "Le jour où il ne sera plus sur scène, il meurt ! Claude, ce n’est pas l’argent qui l’intéresse, car il l’a très bien géré. C’est un homme du bâtiment, il n’a rien flambé. Mais, Claude, le jour où tu lui enlèves la scène, il meurt. Quand tu vois d’où il vient, cela ne l’a pas empêché de chanter deux heures entre medley, guitare et piano. Il n’avait plus fait ça depuis des années. Il va mieux, il tape des pieds et il a perdu 15 kilos ! Plus d’alcool mais de l’eau. Même s’il faut toujours être vigilant avec lui, il a aussi la chance d’avoir un super frère." Et des amis. "Il est vrai que je veille un peu sur lui", admet l’animateur de RTL-TVI, qui va souvent manger des pâtes aux truffes chez lui et que son pote Claudio lui dédie toujours la chanson de son dernier album Si ma fille se marie. "Je viens de passer une semaine en Italie avec lui pour la croisière Âge tendre. Tout le monde connaît son problème donc, quand son frère n’est pas là, on est une bande d’amis auprès de lui. C’est un énorme artiste au capital sympathie incroyable et avec cette culture italienne touchante. C’est simple : avec Dave, il y avait beaucoup de photos mais avec Claudio, c’était l’émeute !"