Musique Disiz - jadis la Peste - publie Pacifique, un 11e album contemporain produit par Stromae.

Il court, il court Sérigne M’Baye Gueye. Nous l’avions connu sous le nom de Disiz la Peste quand, inspiré par le film Chute libre de Joel Schumacher, il signait son premier et plus grand succès J’pète les plombs (2000). Nous l’avons redécouvert plus tard électro-rappeur ou emcee à guitares, puis auteur (de deux romans, Les derniers de la rue Ponty et René) ou acteur, sur planches, petite lucarne ou grand écran. À 39 printemps, deux ans après un Rap Machine plutôt embarrassant, le rappeur d’Amiens publie son 11e album. S’il n’est ni génial ni révolutionnaire, Pacifique est un disque ambitieux assez réussi qui, sans faire dans le jeunisme, rêve de futur et conjugue ses notes au présent.

D’où vient ce besoin de changer de costume, de se réinventer en permanence ?

"Fuir l’ennui… Je suis un gosse des quartiers, j’y ai grandi, et bien souvent le sentiment principal de cette vie-là, c’est l’ennui. Toujours le même environnement, pas de perspective d’avenir… Faire du rap, ça a été un moyen de fuir cette condition. J’en ai fait, puis ça a fonctionné. Dès lors, refaire la même chose ne m’intéressait plus, il fallait que je réussisse à m’extraire. Plus qu’une envie, se réinventer pour moi est une nécessité."

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