Musique Jon Tyler, fondateur du Bloody Louis, nous dévoile les coulisses de l’afterparty de la star US qui jouera dans son club samedi

"Le choix de la direction artistique est de se dire qu’on veut réussir à ramener des artistes qui, sur le papier, sont impossibles à avoir. Choquer dans le bon sens du terme !" Pari réussi pour Jon Tyler, fondateur et directeur artistique du Bloody Louis (ex-Louise Gallery), âgé de seulement 28 ans. Ce club bruxellois, qui existe maintenant depuis six ans, a déjà accueilli les afterparties de célébrités comme Drake, Major Lazer, Martin Solveig ou encore Travis Scott (pour ne citer qu’eux) dans ses murs. Place ce samedi soir, juste après son concert à Werchter Boutique, à l’artiste le plus influent de la pop actuelle ( Locked Out Of Haven, Just The Way You Are, 24K Magic ): Bruno Mars. "On veut marquer l’histoire. On recherche l’adrénaline de ces moments incroyables. Proposer une expérience unique aux gens, telle est la philosophie du club. On voit que ces grands artistes font la fête dans des clubs après la Fashion Week à New York ou autre. L’idée était de passer ce cap et se dire que même en Belgique, c’est possible ! "

Comment le Bloody Louis peut-il attirer un artiste comme Bruno Mars sous son toit ?

"C’est une histoire de régularité depuis maintenant presque 6 ans, d’arriver à avoir un club qui fonctionne tous les week-ends avec une direction artistique différente des autres boîtes en Belgique. On arrive à tirer notre épingle du jeu en proposant des choses nouvelles, en essayant à la fois des gros et des plus petits artistes. Et à un moment ou l’autre, dans ce milieu-là, c’est beaucoup le bouche-à-oreille qui fonctionne. L’année passée, on est arrivé à avoir Drake parce qu’on a eu d’autres artistes de son label, des gens avec qui il a travaillé. Quand ils font un concert au Sportpaleis, ils veulent sortir après et faire une afterparty. Ils vont donc choisir le club où leur entourage est déjà allé, là où un DJ qu’ils connaissent s’est déjà produit. Bruno Mars fait partie de la même agence que celle de Drake, donc c’était une suite logique pour eux et ils nous ont dit : Vous avez fait le job avec Drake, il n’y a donc pas de raison que cela se passe mal avec Bruno Mars ."

A-t-il certaines exigences pour sa venue ?

"Pas tant que cela. À part un accès privé qui va de sa loge à son espace VIP, non. Une zone où il peut s’amuser avec ses amis, qu’ils soient libres. Même s’il n’est pas impossible qu’il prenne aussi le temps de faire des autographes ou selfies avec ses fans. Tout dépendra de son humeur sur le moment. On leur offre aussi tout côté consommation mais cela fait partie du jeu. Avec eux et nos partenaires, ce sera fête et champagne, un show à l’américaine. Ce sont des nuits magiques pour nous car il peut tout se passer. Drake était venu (en mars 2017 NdlR) avec deux bus remplis d’artistes, de designers et avait chanté pendant plus de 30 minutes. On doublera donc aussi la sécurité même s’ils viennent avec leur dispositif. Car on a une responsabilité au niveau des gens et de la commune pour que ça se passe bien, autant chez nous qu’en rue."

C’est donc une question confiance ?

"Avant, les afterparties n’existaient pas. Beaucoup de boîtes changent de management en Belgique, parfois tous les 6 mois. La relation de confiance ne s’installe donc pas car les agences retournent à la case départ. Elles doivent savoir si l’on est apte à gérer un artiste aussi gros. Ici, j’évolue avec une équipe stable depuis le début, c’est notre force. Maintenant qu’on a été toquer à la porte de Bruno Mars, on pourra aller toquer à celle d’un Justin Timberlake, par exemple. Ce n’est pas le créneau à 100 % du club mais celui vers lequel on veut aller. On ne veut pas trop se labéliser hip-hop. Dès que la qualité est là, on est ouvert. Mon rêve serait aussi de ramener les Guns N’ Roses après le Grasspop. Faire des choses que personne n’ose faire !"


En savoir plus

L’afterparty de Bruno Mars (derniers tickets sur www.bloodylouis.be) est à suivre sur le Facebook Live de dh.be dans la nuit de ce samedi 16 juin.


"C'est très cher mais c'est rentable"

" Ça coûte très cher de faire venir Bruno Mars (et son staff compris entre 50 et 100 personnes ! NdlR) , confesse Jon Tyler, sans toutefois révéler le montant de la facture. C’est cher par rapport à un DJ mais c’est une miette de pain par rapport au coût de son concert à Werchter Boutique. Le cachet des artistes en boîte de nuit ne s’élève même pas à 5 % de ce qu’ils reçoivent en concert… Donc, je pense qu’ils viennent vraiment parce qu’ils veulent faire la fête avec tout leur staff. Cela peut toutefois paraître cher pour certains clubs, mais Bruno Mars apporte une telle visibilité à nos clients que le prix est dérisoire. Si on a un bon management, c’est rentable. Il nous donne une plateforme pour toute l’année. Si Drake et Bruno Mars viennent, les gens se disent qu’il faut y aller ! Les touristes choisiront aussi plutôt notre club, ça va jouer en notre faveur par rapport à d’autres établissements. "