Musique Dans un documentaire qu’il a réalisé, le chanteur livre un témoignage poignant sur sa vie et sa carrière.

Le 25 décembre dernier, en soirée, la nouvelle tombait tel un couperet : George Michael est mort. À 53 ans, l’icône pop britannique qui a vendu plus de 100 millions de disques disparaissait au terme d’une vie qui l’a vu atteindre le firmament avant de toucher le fond.

Moins de 48 heures avant son décès, il fignolait encore un documentaire intitulé Freedom dans lequel il voulait se raconter. C’est ce film, où se mêlent archives inédites, témoignages et les dernières images du chanteur filmé chez lui, à Londres, qui sera diffusé lundi prochain sur la chaîne britannique Channel 4 et chez nous le 26 octobre, sur Canvas.

Intitulé Freedom, titre d’un de ses plus grands succès, ce documentaire d’une heure et demi est un témoignage poignant sur la carrière et la vie privée d’une des plus grandes popstars, l’artiste qui, en 1988, vendait le plus de disques au monde. Poignant parce que George Michael se raconte lui-même, sans complaisance. Cet extrait d’interview donné à MTV en atteste. À la question de savoir quelle serait son épitaphe, il répond : "Grand auteur-compositeur". Il précise aussi espérer que les gens se souviendront de lui pour son intégrité. "Mais c’est peu probable, ajoute-t-il dans la foulée. Je pense que ma vie a été une perte de temps, un effort vain."

Le constat est terrible. Comment un artiste qui pouvait tout se permettre à la charnière des années 80 et 90 a-t-il pu en arriver là ? C’est ce qu’explique le film. Il y a les débuts avec The Executifs. Puis la popularité rencontrée avec Wham ! qui débouche sur une carrière solo fulgurante. Sorti en 1987, Faith, son premier album en solitaire, se vend à des millions d’exemplaires. George Michael le confesse, il a toujours cherché le succès. Il s’était même créé un personnage de toutes pièces pour rivaliser avec les Madonna et autres Michael Jackson.

Mais voilà, ce succès tant espéré va s’avérer être un piège. À 24 ans, le chanteur craque. "Qui n’aurait pas disjoncté dans ces conditions ?, s’interroge-t-il. Je vivais sur ma planète sans plus voir les autres gens. J’étais obnubilé par mon image."

Dépassé par les événements - son seul salut reste la scène -, il explique avoir pris une mesure radicale pour se protéger, celle de ne pas promouvoir son prochain disque, Listen Without Prejudice Vol. 1, qui sortira en 1990. Car à ses yeux, la promotion rime avec prostitution. Pour la branche américaine de Sony, pour qui il représente un artiste majeur, c’est une déclaration de guerre. S’en suit une longue procédure judiciaire entre les deux protagonistes qui verra George Michael être débouté sur toute la ligne.

Le chanteur a le mérite de donner la parole à chacune des parties impliquées dans ce qui sera le premier chapitre d’une véritable descente aux enfers. Car aux obstacles professionnels liés à son bras de fer avec Sony s’ajoutent des drames. Le premier est sentimental et le chanteur ne s’en est jamais remis. Il s’agit de l’annonce, en 1991, de la séropositivité de son compagnon, le Brésilien Anselmo Feleppa, et la mort de ce dernier deux ans plus tard. Le second concerne sa mère qui décède en 1997 et à laquelle il tenait tant.

On ne peut que ressortir bouleversé après avoir vu Freedom. C’est le testament d’un artiste hors pair et d’un homme fidèle jusqu’au bout à ses convictions mais en proie à ses propres paradoxes.

Un inimaginable casting de rêve

Si le talent et la popularité se mesurent au prestige des stars qui vous rendent hommage, alors George Michael fait indubitablement partie des plus grands. C’est un casting de stars 5 étoiles qui évoque ses souvenirs avec le chanteur ou lui rend hommage sur le plan personnel ou musical.

Mary J. Blidge est touchante quand elle parle du chanteur avec qui elle a partagé un titre en duo. L’émotion est plus que perceptible. Il en va de même pour Stevie Wonder, Elton John et Nile Rodgers qui tous ont été proches de George Michael.

L’interprète de I want Your Sex ne laissait pas indifférent que dans le monde de la musique. Une pluie de super top models des années 80-90 lui rend aussi hommage. Parmi ceux-ci, Kate Moss, Naomi Campbell, Linda Evangelista, Cindy Crawford et un certain Jean-Paul Gauthier, styliste incontournable à l’époque.

Mais le plus surprenant, c’est probablement la présence dans ce documentaire de Liam Gallagher, l’ex-chanteur d’Oasis. Le cadet des frères Gallagher ne tari pas d’éloges envers George Michael qu’il qualifie d’Elvis des tempes modernes et en qui il voit une part de John Lennon. Rien que ça.

Listen Without Prejudice réédité

Tel que l’avait conçu George Michael avant sa disparition, le documentaire Freedom devait accompagner la réédition de Listen Without Prejudice Vol.1. Un vœu respecté puisque la nouvelle édition proposée par Sony sera disponible vendredi prochain. 

Trois versions seront disponibles. Une édition vinyle de l’album, un double CD qui permettra de réécouter la session acoustique donnée par le chanteur en 1996 dans le cadre de l’émission MTV Unplugged. Enfin, un coffret reprendra ces deux CD auxquels s’ajoutera un troisième contenant des faces B et des raretés. Un DVD proposant un concert de 1990 et plusieurs bonus compléteront l’ensemble.