Musique Le chanteur français est mort à l'âge de 74 ans

Les chansons de Monsieur 100.000 volts

PARIS Gilbert Bécaud, compositeur-interprète de talent et de renom connu, est mort, ce mardi matin, à l'âge de 74 ans. Le chanteur des Marchés de Provence, de Nathalie, La vente aux enchères, Et maintenant, La solitude, ça n'existe pas ou encore le célèbre L'important, c'est la rose, est décédé des suites d'un cancer.
De son vrai nom François Gilbert Silly, Bécaud a été l'auteur de plus quatre cents chansons. Surnommé Monsieur 100.000 volts en raison de son sens du swing et de son dynamisme sur scène, il avait enregistré, en 1999, un disque aux accents plus graves témoignant déjà du cancer dont il était atteint. Gilbert Bécaud n'avait pourtant pas arrêté sa carrière, puisqu'il a terminé, il y a peu, l'enregistrement de Mon cap.

Bécaud et l'Olympia

Né le 29 octobre 1927 à Toulon, Bécaud avait débuté dans la musique en exerçant ses talents de pianiste dans les night-clubs de Paris. Edith Piaf l'incita à chanter. Très vite, Gilbert Bécaud connut le succès. Son histoire est liée avec celle de la célèbre salle parisienne, l'Olympia. En 1954, son premier passage demeura légendaire. Bécaud provoqua un véritable délire dans le public, de nombreux sièges étant brisés par les spectateurs en folie.
Marié deux fois et père de cinq enfants plus d'une petite laotienne adoptée en 1992, Gilbert Bécaud avait élu domicile dans le Poitou, mais il avait aussi une maison en Corse et...une péniche amarrée à Paris.

Cancer du poumon

Gilbert Bécaud est mort d'un cancer du poumon dans cette maison sur l'eau du pont de Saint-Cloud. Bécaud avait été soigné d'un cancer de la mâchoire il y a quelques années. Pierre Delanoë, qui a écrit quelques uns des plus gros succès de Bécaud avait encore collaboré il y a un an avec le chanteur. "J'étais alors hospitalisé à la suite d'un pontage coronarien", a déclaré le parolier, aujourd'hui âgé de 83 ans. Bécaud avait envoyé une ambulance pour me chercher. Nous avions écrit plusieurs chansons".

Delanoë, qui a à son actif 5.000 chansons, en a signé plusieurs centaines pour l'homme aux cravates à pois. "Nous avions fait connaissance au début des années 50 chez la chanteuse Marie Bizet, elle me l'a présenté. Nous sommes repartis ensemble, il m'a dit qu'il s'appelait François Silly mais qu'il allait changer de nom pour prendre celui de son père. Nous avons emprunté le même métro porte Dauphine, et nous ne sommes pratiquement plus quittés depuis. Nous avions fêté nos 50 ans de métier ensemble l'an dernier".

Pour Delanoë, "Bécaud était une personne vivante, nerveuse, suractive, il avait les défauts de ses qualités. C'était surtout un mélodiste et un harmoniste extraordinaire, il avait le don de trouver instantanément une mélodie. C'est comme cela que sont nées des chansons telles "Et maintenant que vais je faire ?" ou "Le jour où la pluie viendra" composée en un quart d'heure.

Dernier vestige de la chanson des années 50

Quelques mois après Charles Trenet, un autre monstre de la chanson française vient de tirer sa révérence. Dernier survivant avec Charles Aznavour et Guy Béart de la grande chanson française des années 50, il avait réussi à dépasser les modes pour continuer à imposer ses mélodies servies par des textes de Pierre Delanoë, Louis Amade ou encore... Charles Aznavour à ses débuts.

Les réactions

Charles Aznavour s'est souvenu de leur rencontre au début des années 50. "Sa fougue et son optimisme extraordinaire, son envie de bousculer le monde de la chanson, m'ont interpellé dès que je l'ai vu." Charles Aznavour a rappelé quel grand mélodiste était Gilbert Bécaud. "Alors que tout se ressemble aujourd'hui, quand on regarde l'oeuvre de Gilbert, on se rend compte qu'aucune mélodie ne ressemble à l'autre". L'animateur de radio et de télévision Michel Drucker a noté que Gilbert Bécaud était assez pudique. "Il se confiait assez peu, ne se plaignait jamais." Se souvenant aussi que c'était un homme "pas facile à interviewer", l'animateur a dit aussi que l'artiste était "très généreux"