Musique

Après quelques années de disette, le trio anglais revient avec un Spirit d’enfer et une tournée qui a fait rugir le Sportpaleis d’Anvers hier soir.

« Quelle pêche d’enfer! » crie notre voisine de gauche qui s’extasie -de manière hystérique- sur chaque note de Depeche Mode (DM pour les intimes). Après plus de 35 ans de bons et loyaux services, les papys de la pop synthétique en gardent encore sous le capot. Et pour preuve: si la bande à Dave Gahan avait quelque peu laissé son public sur sa faim depuis le début des années 2000 -la faute à deux albums (Sounds of the Universe et Delta Machine) en manque de grâce-, elle a ressorti de ses tiroirs son ambiance sombre, oppressante et fidèle aux eigthies. Avec un titre comme Where’s The Revolution comme garde fou pour dégainer leur Global Spirit Tour, Depeche Mode a une fois de plus su éviter de tomber dans l'effet de mode. Comme tout bon vin, le groupe semble donc s’être bonifié avec l’âge. Et pas besoin d’artifices -un simple écran géant coupé en deux pour s’y percher de temps en temps- pour démontrer leurs rugissements de guitare ou de voix graves touchées par les excès de la vie. Le puissant leader ayant même laissé la place à son doux complice Martin L. Gore pour interpréter A Question Of Lust en acoustique.

Dave Gahan a soufflé ses 54 bougies au Sportpaleis

« Ils n’ont même pas chanté Just Can’ Get Enough!, déplore toutefois une fan quelque peu déçue. Si l’entame du concert pêchait un peu par son côté « mou du genou » (mise à part leur remix de A Pain That I’m Used To), la suite oscillait en effet entre ballade sur leurs nouveaux morceaux, une étonnante reprise de David Bowie (Heroes) et surtout une autoroute de tubes. Du cinématographique Wrong au pêchu Never Let Me Down Again en passant par un Everything Counts tiré joliment en longueur, un final sur Personal Jesus et l’incontournable Enjoy The Silence. Lequel a finalement mis tout le monde d'accord: aficionados ou pas, tous étaient au même niveau de transe que les papys rockeurs tatoués.


Le trio originaire de Basildon a beau avoir vendu plus de 100 millions d’albums et joué devant plus de 30 millions de spectateurs, il a toujours soif de scène. Et ce n’est pas Dave Gahan, qui fêtait en plus ses 55 ans hier soir, qui dira le contraire. 


Si ses camarades de jeu lui ont entonné le célèbre Happy Birthday de Mildred J.Hill (bien qu’un peu expédié, vite fait bien fait), le leader du groupe s’en est donné à coeur joie durant plus de deux heures de concert entre sautillement, déhanché comme lui seul en le secret et pirouette -à la limite du pool dance par moments- avec son micro. Même si l’homme est très peu bavard -à part d’innommables « Thank you Belgium! »-, sa relation au public reste toujours aussi mystique. Et en fait de lui tout, sauf un dinosaure de la pop. Il suffisait de voir toutes les générations réunies parmi les 20 000 spectateurs du Palais des Sports d’Anvers. Ou quand Depeche Mode redevient à la mode?