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E.P. Publié le - Mis à jour le

Musique

Pour le coup d’envoi de sa tournée, Johnny Hallyday mise sur ses tubes : pas une seule chanson du dernier album

MONTPELLIER envoyé spécial en france eddy przybylski

Johnny Hallyday a donné, lundi à Montpellier, le coup d’envoi de la tournée de ses 69 ans. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il était attendu au tournant. Et là, c’est un énorme coup de poing qu’il donne à la face de ceux qui le disaient fini. Car ce show 2012 est simplement gigantesque à tous points de vue.

Johnny sait que son public attend de la grosse machinerie. Il en amène. On aime les surprises. On en a pour son argent. Mais surtout, dans la dernière partie du show, c’est la musique qui prend le pas sur tout le reste. En ce compris le côté vocal, qui reste extraordinaire, mais surtout une dimension que Johnny avait économisée ces dernières années – et tout le monde mettait ça sur le compte de son âge – : on retrouve intégralement la bête de scène.

Mais au début, c’est le show ! Johnny Hallyday a trouvé quelque part, probablement en Amérique, ce qui est le rêve de tous les metteurs en scène d’aujourd’hui : le cinéma à effets 3D sans lunettes. Cela permet à des images de remplacer les décors. Des images projetées sur toute la largeur de la scène. Un gros 25 mètres.

On est donc dans une ville futuriste en feu, avec des tours, des hélicoptères… Au centre, comme une statue. Une tête d’idole dont les yeux s’injectent de flammes. Puis c’est l’explosion. Rien que cette explosion mérite qu’on aille voir ce spectacle. L’effet de surprise, l’impression que les briques volent vers vous.

Puis, Johnny apparaît dans une soucoupe rouillée. Costume de cuir souple. Veste attachée par une chaîne. La main gauche dans une mitaine, à la Michael Jackson. Il commence par Allumer le feu.

Ensuite, c’est Je suis né dans la rue puis Excuse-moi partenaire qu’il exhume de 1965. Puis Deux étrangers, un titre des années 80 qui vous arrache les cordes vocales. Et il n’y va pas à l’économie. Sans compter que, comme dans ses meilleurs années, il la finit en chantant… à plat ventre !

Johnny a choisi de miser exclusivement sur ses tubes. Pas une seule chanson de son dernier album ni aucune de ses années Warner. Tout au plus, il fait quand même Auto-portrait, ce titre récent qu’on a pu télécharger gratuitement.

Autre surprise : l’arrivée, en quatre parties, sur des plateaux mobiles, de tout un orchestre symphonique engagé… pour quatre chansons ! Quand on dit que, pour ce show, on n’a pas regardé à la dépense…

Pour Quelque chose de Tennesse, ce fameux écran 3D sans lunettes reconstitue, autour de ces musiciens vêtus de blanc, un théâtre de prestige à l’ancienne et, dans le bas de l’image, on a l’impression que ce sont de vrais tapis. L’effet est fabuleux.

Il reprend aussi, sur la musique de Beethove, son Poème sur la 7e , avec projection d’une image de châteaux écossais dans la brume et, ici, on a l’impression que tout cet orchestre symphonique flotte dans les airs.

Parmi les autres surprises, le désormais traditionnel duo avec sa choriste Amy Keys. En 2009, c’était un Unchained Melody pas très réussi. Cette fois, ils font une extraordinaire reprise de Tom Jones : I who have nothing (beaucoup de gens croient que ça s’appelle I love you).

Autre tradition, la séance unplugged sur un plateau placé au milieu de la foule. Il y reprend les tubes de ses premières années comme L’idole des jeunes ou Tes tendres années. Puis un final où, après plus de deux heures, il va rechercher Cet homme que voilà, une autre très difficile à chanter. Et une version méga de L’envie.

Comme toujours, il termine par une reprise piano-voix d’un grand classique de la chanson française. Pour la troisième fois, il se choisit un Brel : Quand on n’a que l’amour.



© La Dernière Heure 2012
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