Musique Philippe d'Avilla, le Belge de Roméo et Juliette, sort enfin son album

BRUXELLES Dix-sept semaines numéro un des ventes en France... Peu de chanteurs belges peuvent se vanter de ce résultat. Philippe d'Avilla, oui. C'était avec Les rois du monde qu'il chantait en trio, avec Damien Sargue et Grégori Baquet, à l'époque de Roméo et Juliette. La comédie musicale vécut sa dernière, à Forest National, en décembre 2002. Deux ans et demi plus tard, Philippe d'Avilla réapparaît enfin avec un single, une reprise à sa manière de Pull Marine que Gainsbourg avait écrite pour Isabelle Adjani. Il promet un album pour le mois de juin: «Avec des textes que j'ai écrits, quatre reprises et une énorme surprise.»

Ces deux années de silence?

«Compliquées par le fait que, bien qu'ayant participé à un des plus grands spectacles français et qu'ayant chanté un tube, nous n'avions aucun une existence propre. Au reste, ils se sont bien arrangés pour que nous n'en ayons pas. Et lorsqu'on sort d'une expérience pareille, il y a un moment de marasme absolu. Le milieu des comédies musicales traditionnelles ne nous veut pas sous prétexte qu'on nous considère comme des chanteurs de variétés. Pour les gens des variétés, nous sommes des chanteurs de comédies musicales. Pour le monde du théâtre et du cinéma, on n'est que des chanteurs.»

Comment on le vit?

«C'est le métier! On le sait! Je crois fondamentalement qu'il est aussi difficile de se remettre d'un énorme succès que d'un grand échec. Avec un piège en plus! Quand les choses marchent pour toi, tu es très entouré. Encore aujourd'hui, il ne se passe pas un jour sans qu'on me demande un autographe ou qu'on me reconnaisse en rue. Or, nous sommes tous en recherche d'amour. Dans ce métier, si tu te mets à croire que ces gens t'aiment, c'est fini: tu ne pourras jamais t'en remettre. J'en ai rencontré qui étaient persuadés que les gens les aimaient et qui ont vécu très mal les lendemains de la gloire. Il faut comprendre que les gens n'aiment que l'image que tu représentes et le plaisir que tu leur donnes. Ça, c'est la réalité du métier. Moi, je l'ai toujours su. J'ai donc bien vécu le fait de ne pas avoir eu de travail pendant deux ans et demi. Maintenant, je sors ce disque en espérant que les gens vont aimer ce que, moi, je fais. Ce qui est vraiment frustrant, ce sont les gens du métier qui se mettent entre toi et le public. Je suis persuadé que, dans le monde du disque, notre époque souffre d'un cruel manque de diversité.»

Quand avez-vous chanté sur scène pour la dernière fois?

«Depuis la dernière de Roméo et Juliette , je n'ai quasiment plus fait de scène. Sauf une fois par an. Cécilia et Grégori s'occupent d'une association pour la recherche contre la sclérose en plaques. Tous les ans, ils organisent un gala où, inévitablement, on reprend un medley Roméo et Juliette, avec Les rois du monde, Aimer et Comment lui dire, dans des versions bal musette, salsa et soul.»

Vous êtes revenu vivre à Bruxelles?

«Je suis toujours à Paris. L'amour m'y retient. J'ai fini par adorer cette ville après que des amis m'ont montré le vrai Paris: un véritable petit village qui se cache loin sous le Paris chic, le show-biz et le stress. Je ne sais pas si je suis normal, mais quand je veux fuir le stress, je rentre à Paris.»

Nuno Resende était avec vous dans Roméo et Juliette...

«Je l'ai soutenu à l'Eurovision. Au moins, il l'a fait! Moi, j'ai 32 ans, et faire l'Eurovision, ce serait vraiment réaliser un rêve de gosse.»

Philippe d'Avilla, single Pull marine, AMG.

© La Dernière Heure 2005