Musique

Ce dimanche matin, les paupières collent et les souvenirs diffus se télescopent. Alors que la dernière ligne droite de cinq jours de folie pointe à l'horizon, le Dour Festival ne nous a pas encore achevés mais nous a sérieusement secoués. Hier soir, la fête était belle. Et le Bar du Petit Bois nous a littéralement happés.

C'est plus que probablement à la team de la Boudin Room que revient la responsabilité de ce réveil azimuté. C'est en tout cas avec elle que tout a commencé. Le concept est né il y a six mois. Désireux de changer de vie, Simon Bomans quitte les affaires pour enfiler un tablier et s'accomplir en tant qu'apprenti-boucher. Détournant le concept des Boiler Rooms de la scène électro – consistant à filmer un DJ aux platines et à retransmettre son set en direct – , il organise depuis des soirées dans son appartement du centre bruxellois. Lui au four et aux boudins pour vous régaler, et la paire formée par DJ Aidons Antoine et DC Salas pour vous faire danser.

Pour la première fois, la Boudin Room s'offrait donc une édition ex-cathedra. Le sieur Bomans, DC Salas et Mathieu Fonsny (alias Surfing Leons) prenaient leurs quartiers dès 16 et jusqu'à 20h dans le Bar du Petit Bois, petit havre de paix à capacité limitée dissimulé face à la petite Maison dans la Prairie. On a un peu mangé. On a beaucoup dansé. Et l'ambiance était telle que nous n'avions plus envie de décoller. Nous l'avons néanmoins fait, le temps d'une parenthèse enchantée avec l'Américain Kevin Morby, génial folkeur et pourfendeur de cœurs, dont les nouvelles rengaines (celle de son récent 4e album, "City Music") nous ont plus que séduits. Pour la venue des Versaillais Phoenix aussi, l'une des rares têtes d'affiche ici, dont le gigantesque miroir incliné installé derrière eux sur la Last Arena nous a plus impressionnés que "Ti Amo", leur petit dernier. Mais, décidément, rien ni personne ne nous a plus enthousiasmés samedi soir que ce Petit Bois démoniaque...