Musique

Déjà à mi-chemin de l'annuelle grande fête boraine. Retour sur la troisième après-midi de notes au Dour Festival.

Belgium : one point

S'il est une chose que les organisateurs du Dour Festival savent faire, c'est dérouler des programmations cohérentes. Vendredi, à l'ombre du Labo, la fine fleur de la scène pop/rock belge investissait les lieux et faisait chaque fois salle comble. Nous entamions les hostilités de la plus belle des manières en compagnie d'un Prince Harry plus fougueux que royal. Pieds au plancher et plus précis à chaque reprise, le duo liégeois incendiait ce début d'après-midi. Du petit lait pour les quatre de Mountain Bike qui déroulaient dans la foulée un excellent concert, face à un public plus chaud et plus épais qu'aux Ardentes la semaine passée. On attendait encore en ces lieux les guitares de Cocaine Piss, de Robbing Millions ou de Pale Grey, mais c'est un dénommé Témé Tan qui volait la vedette en cette troisième journée.

Hakuna Témé Tan

Celui-là sait se faire désirer. Tanguy Haesevoets – de son petit nom – est né à Kinshasa mais traîne sa tignasse et ses notes épicées en Belgique depuis déjà pas mal d'années. Un petit EP en 2011 (“Matiti”), un single en 2013 (le génial "Améthys", récemment réédité et qui, quatre ans plus tard, n'a rien perdu de son efficacité) et toujours ce cocktail de pop, de groove, de sourires funky, de rythmes électroniques et de spectres africains aux mélodies hypnotiques. Autant dire qu'on attend son premier album avec l'impatience d'un enfant sage la veille de Noël. La chose est désormais annoncée. La plaque tant attendue sortira à la rentrée. En attendant, Témé Tan a offert au Dour Festival l'un de ses meilleurs concerts depuis son coup d'envoi mercredi. Fort d'un sourire imparable, d'un capital sympathie qui crève le plafond et d'une collection de machines à danser ("Sè Zwa Zo", "Ça va pas la tête"…), le Bruxellois est venu chercher les gens et les a envoûtés avec une déconcertante facilité. Sans aucun souci...(air connu)

Blonde Redhead, la classe américaine

Ce n'est pas toujours évident de jouer en festival pour un groupe. Soundcheck express, sonorisation moyenne, acoustique compliquée, public récalcitrant, heures de sommeil de retard… Les tournées bucoliques d'été ne sont pas forcément celles qui engendrent les shows les plus distingués. Mais toute règle a ses exceptions, et les Américains Blonde Redhead l'ont magistralement démontré. Dans une Petite Maison dans la Prairie où, très vite, se sont installées une foule captivée et une ambiance feutrée, l'ondulante chanteuse japonaise Kazu Makino et ses complices jumeaux Simone et Amedeo Pace ont signé la prestation la plus classe de cette 29e édition en cours. Tout y était parfait, des jeux de lumières à ce chant funambule, en passant par ces nappes de guitares shoegaze et psyché.