Musique

Deuxième journée et véritable coup d'envoi des joyeusetés du côté de Dour, où l'on attend deux fois plus de monde sur la Plaine de la Machine à feu.

+ Départ en trombe

On en a connu des festivals où l'on se tournait les pouces en manque de bonnes notes jusque cinq heures de l'après-midi. Pas ici. Avec plus de deux-cent groupes au menu, les découvertes sont légion au Dour Festival, et mieux vaut être au taquet d'entrée. Nous entamions cette journée avec un dilemme. D'un côté : Lemon Twigs, combo post-hippie faiseur de pop folk aux chevelures babylissées, dont on croirait les jeunes membres directement téléportés des années soixante. De l'autre : Faire, trio français déjanté de punks à synthés emmaillotés. Les premiers, qu'on prenait jusque-là pour de très bons plagieurs (cf. Foxygen), nous ont impressionné d'harmonie et de précision. Avant de nous faire allègrement emporter par les délires foutraques des seconds. Un départ en trombe comme celui-là, c'est rare, et c'est bon.

- Group Doueh et Cheveu mal payés

Nous les attendions de pieds fermes. Ce jeudi débarquait à Dour le trio bordelais Cheveu. Fleuron de la très recommandable épicerie musicale Born Bad Records, le triangle Étienne infernal formé par Etienne Nicolas, Olivier Demeaux et David Lemoine est toujours un gage de joyeux bordel électrique. Cette fois cependant, les Français venaient accompagnés. Sur scène avec eux, Group Doueh, orchestre du guitariste Baamir Selmou, dont la notoriété a gonflé depuis que le label américain Sublime Frequencies s'est penché sur son doigté psyché. Ensemble, les deux groupes ont enregistré un disque-caviar à Dakhla, contrée perdue du Sahara occidental. Malheureusement, jamais au fil de la première demi-heure de concert les morceaux n'ont sonné aussi bien que sur disque. La faute surtout à une sonorisation chancelante, qui nous a fait bifurquer.

+ Bruxelles arrive toujours à l'heure

Depuis fin juin, ils sont partout. Depuis un an, ils sont partout. Jusqu'à la fin de l'été, ils seront partout. Après la grosse presta' de JeanJass et Caba, la clique bruxelloise du rap noir-jaune-rouge prenait possession de la Last Arena. Une grande scène bien encombrante dont personne n'avait encore su tirer avantage depuis l'entame des festivités locales. Vald et M.I.A. s'y sont tous deux cassé les dents, mais pas les gars sûrs de la capitale. Entourés de toute la famille, du français Lomepal en visite, à l'équipée de La Smala, en passant par l'incontournable tonton Isha, Roméo Elvis, JeanJass & Caballero ont retourné la Plaine de la Machine à feu à l'ancienne, et sont les seuls jusqu'à présent à avoir occupé l'espace de cette manière. Tous roulés dans leur king size...

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