Musique

Le chanteur a bien été hospitalisé dimanche mais pas en urgence. Il a passé des examens programmés de longue date.

Dans quel état de santé se trouve Johnny ? C’est la question que tout le monde se posait jeudi soir après avoir pris connaissance de la une de l’édition de Voici à paraître ce vendredi. Le magazine français affirme que le chanteur, victime d’une détresse respiratoire, a été admis d’urgence à l’hôpital dans la nuit de dimanche à lundi.

Selon les informations recueillies par La DH, il s’avère que Johnny a bien été admis dans un hôpital parisien dimanche après-midi. Non pas en raison d’une détresse respiratoire mais en observation dans la perspective d’examens à passer le lundi 13 novembre et programmés de longue date

Les rumeurs sur la dégradation de la santé du chanteur constituent donc une fausse alerte. Johnny a d’ailleurs quitté l’hôpital dès mercredi après-midi pour rejoindre son domicile de Marnes-la-Coquette où il était jeudi soir. Plus de peur que de mal donc.

Ce n’est pas la première fois que Voici annonce la détérioration de l’état de santé du rocker atteint d’un cancer du poumon. Fin octobre, le magazine écrivait que Johnny était handicapé par une douleur à la jambe et qu’il ne quittait pratiquement plus son domicile de la banlieue parisienne afin de lutter contre la maladie à l’abri des regards. Une situation qui bouleversait son épouse Laeticia très inquiète de la tournure des événements.

Dans la soirée, une photo du chanteur au volant d’une voiture de sport faisait son apparition sur ses réseaux sociaux avec la mention : "Studio studio studio. À bientôt les amis -JH". Si cette publication n’était pas de nature à dissiper toute inquiétude sur son état de santé, plusieurs vidéos postées quelques jours plus tard montraient un Johnny manifestement en assez bonne forme, chez lui, partageant un bon repas en famille et avec des invités.

Et pas plus tard que mercredi, Jean-Claude Camus, manager historique et ami du rocker, confirmait à La DH avoir fêté ses 79 ans à Marnes-la-Coquette le 29 octobre dernier. "Laeticia avait organisé un déjeuner, chez eux. On était quelques-uns, il y avait aussi Bruel. Et puis, à la fin du repas, on m’a amené le gâteau", nous confiait-il. Quelques jours auparavant, sur l’antenne de RTL en France, il signalait également que les médecins du chanteur essayaient un nouveau traitement dans l’espoir d’enrayer le cancer qui ronge le Taulier.

On le sait, depuis qu’il a annoncé être atteint d’un cancer, Johnny peut compter sur l’appui indéfectible de ses proches qui, les uns après les autres, montent au front pour démentir les rumeurs et répéter le même message : "Johnny se bat, se soigne et va s’en sortir".

© REPORTERS

Il n'y a pas que Johnny pour chanter du Johnny

On a tous quelque chose de Johnny est le premier album de reprises des tubes du rockeur

En près de 60 ans, personne ne s’y était risqué. Du moins pas sur disque. Alors que les albums de reprises se succèdent à une cadence infernale depuis quelques années, un artiste résistait encore à l’"envahisseur" : Johnny. Mais ça, c’était avant. Car le Taulier a fini par donné son feu vert à la sortie d’un projet sur lequel cadors confirmés et jeunes pousses s’attaquent à son répertoire.

Sébastien Farran, l’actuel manager de l’icône française du rock, ne le cache pas, il a été étonné et n’était pas emballé lorsque Universal lui a proposé l’idée. "J’étais un peu circonspect au début. Je me demandais si on n’allait pas faire une connerie. J’en ai parlé à Johnny et à Laeticia qui étaient encore plus embarrassés que moi." Ce qui a fait pencher la balance ? Le casting qui a fini par séduire le principal intéressé. Et surtout la présence de Yaya - Yarol Poupaud -, le guitariste et directeur musical du rockeur. "Universal a assez intelligemment proposé que l’album soit réalisé par Yarol et ça a commencé à prendre de la cohérence. Je suis retourné voir les Hallyday qui ont trouvé ça pas mal. À l’écoute des premières maquettes, Johnny s’est même demandé pourquoi il ne chanterait pas dessus."

Si chaque artiste (ou presque !) a pu choisir le titre qu’il reprend, le Taulier s’est réservé le droit de valider tout ce qui figure sur le disque. "Certains n’ont pas été retenus mais je ne dirais pas qui !" , souligne Sébastien Farran. Yarol Poupaud confirme : "Si ça ne plaisait pas à Johnny, l’album ne sortait pas. Il fallait qu’il soit heureux du produit, qu’il se reconnaisse dedans et qu’il le revendique."

Rien d’étonnant donc à ce que les différentes reprises proposées soient musicalement assez proches des chansons originales. "On est resté dans la couleur rock proche de son univers, explique le guitariste. Il n’était pas question de commencer à faire de l’électro, du R’n’B ou du hip-hop… Mais chaque artiste apporte sa patte." "On est ravi du résultat", conclu Sébastien Farran.

Soyons honnêtes, les 16 titres de l’album ne se valent pas. Mais au terme de l’écoute, on en vient à la conclusion - étonnante - qu’il n’y a pas que Johnny pour chanter du Johnny. Sans surprise, Garou, Florent Pagny et Patrick Bruel (avec une version au piano de J’ai oublié de vivre) ont la puissance vocale pour s’imposer. D’autres ont fait preuve d’audace. C’est le cas du jeune Gauvain Sers (Le pénitencier), de Gaëtan Roussel (Je te promets), de Benjamin Biolay et sa version intime de Retiens la nuit et de Thomas Dutronc (Gabrielle). Ils sont sortis des sentiers battus en mettant leur grain de sel dans l’exercice.

D’autres, enfin, nous ont ravis. Slimane s’est si bien approprié Marie qu’on croirait la chanson écrite pour lui. Quant à Nolwenn Leroy, c’est la toute bonne surprise de ce disque. Elle propose une interprétation de Tennessee sur laquelle sa voix fait des merveilles.

En revanche, on est moins emballé par L’envie chantée par Kendji Girac et surtout Louane qui s’est attaquée à Toute la musique que j’aime. Ça manque singulièrement de puissance. On ne croit plus que cette musique-là vient du blues.

Et si le succès est au rendez-vous de cette première expérience, un deuxième album avec des reprises moins connues pourrait voir le jour.

"Mon univers n’est pas rock"

Johnny, Amel Bent le connaît. Elle a déjà chanté sur scène avec lui. "C’est très rassurant d’avoir quelqu’un comme lui qui partage sa scène, son public et son histoire, dit-elle. C’est lui qui a choisi Que je t’aime sur la petite liste de chansons que je proposais de reprendre. C’était la plus difficile. La difficulté étant qu’on n’a pas envie de perdre ce qu’il y a dans son interprétation tout en sachant qu’il est impossible de la chanter à la Johnny. Il fallait que je sois Amel Bent dans la chanson et en même temps, il fallait qu’on retrouve Johnny dedans alors que mon univers n’est pas du tout rock."

"Il m’a donné envie de chanter"

Pour Slimane, Johnny est inégalable. "Il fait partie de ces chanteurs qui m’ont donné envie de chanter. J’ai dit oui à ce projet parce que pour la première fois de ma vie, j’étais sûr qu’il y allait entendre ma voix. Marie , c’est la reprise la plus difficile que j’ai eue à faire. J’avais trop de respect pour l’artiste. Je ne mettais pas assez de moi. J’ai demandé si j’avais le droit d’y aller franco et ça a fini par sortir. Je trouvais beau qu’un mec qui s’appelle Slimane chante une chanson intitulée Marie . Et je trouvais beau, par les temps qui courent, qu’un homme raconte ses faiblesses à une femme."

Gabrielle, le défi de Dutronc Jr.

Thomas Dutronc s’est attaqué à un monument du répertoire de Johnny.

Son absence eut été une erreur de casting. Thomas Dutronc livre non seulement une étonnante version de Gabrielle sur On a tous quelque chose de Johnny, il joue aussi le passeur entre les générations. Il accompagnait en effet les Vieilles Canailles sur scène en tant que guitariste lors de leur tournée estivale.

Pourquoi avoir choisi de reprendre Gabrielle ?

"Parce que j’éprouvais un grand plaisir à l’écouter et à voir la chorégraphie quand elle était jouée sur scène par les Vieilles Canailles. Johnny s’amuse avec cette chanson devenue une marque de fabrique qu’il peut se permettre de chanter à la rigolade. Les paroles surréalistes ne m’avaient jamais sauté aux yeux avant que je ne la chante. Il y a cette nana qui veut que son homme lui fasse l’amour tous les soirs et il n’en peut plus. J’aurais pu reprendre un autre titre qui me collait mieux à la peau, mais je me suis imposé un défi en faisant cette version. Après, je me suis dit que je n’allais jamais y arriver !"

Vous avez même pris le risque de changer les paroles de fin…

"Je ne vais pas me faire tuer, il y a beaucoup d’amour là-dedans. Les fans vont aimer. En tout cas, j’en connais un qui aime bien et il est fan... (sourire)"

Quels sont les premiers souvenirs que vous avez de Johnny ?

"Autant j’ai beaucoup vu Serge Gainsbourg à la maison étant enfant, autant Johnny, je ne l’ai aperçu qu’une fois ou deux. Mais mes parents parlaient beaucoup de lui et avaient de l’affection à son égard. Étant adolescent, j’ai écouté quelques-uns de ses disques mais je ne connais pas très bien son répertoire. J’aimais beaucoup la période des années 60 avec des chansons comme Retiens la nuit ou Souvenirs souvenirs ."

Qu’elle est la spécificité de la musique de Johnny Hallyday ?

"Sa grande générosité. Il se donne comme personne. Il envoie une énergie de fou avec générosité et sincérité. On a l’impression qu’il aime la vie et les gens. Il n’est pas en train de se regarder le nombril et de se morfondre, il est là pour que ça éclate et que ça fasse la fête. C’est rock’n’roll. Je suis fan de cet esprit-là. On n’est pas dans la variété et c’est le seul encore en action à faire ça en France."

Qu’avez-vous retenu de la tournée des Vieilles Canailles ?

"C’étaient des concerts magiques à cause de la maladie de Johnny. Le jour de la première, tout le monde était très inquiet. Eddy Mitchell et mon père lui fumaient en pleine gueule. Je leur ai rappelé qu’il n’était quand même pas en pleine forme au niveau des poumons. Mais ce sont des Vieilles Canailles. Ces trois-là s’adorent et en raison de sa maladie, il y avait de l’amour dans l’air. Ça a été un bonheur d’être auprès d’eux."