Musique La société C-Live devait organiser les concerts de Renaud chez nous en novembre. Mais son patron, Didier Defourny, est en faillite. Les comptes ne sont pas clairs…

C’est la fin d’une belle histoire belge. C’est aussi un ultime rebondissement dans une saga familiale, mêlant argent et spectacle, qui a connu quelques crashs. Dernier en date : la déclaration, en juillet dernier par le tribunal de commerce de Liège, de la faillite de la société Didier Defourny Spectacle, comprenant C-Live, société créée au Luxembourg par le même Didier Defourny en 2013, mais mise sous le nom de son épouse suite à ses ennuis judiciaires.

Aujourd’hui, cet homme de spectacles, qui avait repris les affaires familiales et fait briller le nom des Defourny (après son papa Constant) en organisant les venues sur les scènes belges des plus grandes stars francophones (lire ci-contre), a dû cesser toutes ses activités. Ce n’est pas le premier couac financier ni juridique pour sa société - liquidée l’année dernière sur base volontaire -, mais ce sera bel et bien le dernier.

Didier Defourny est pourchassé depuis des mois par le fisc qui lui réclame des centaines de milliers d’euros, alors que C-Live était encore lancée dans l’organisation de spectacles très attendus pour 2016 et 2017. Parmi ceux-ci : Ils s’aiment de Robin, Laroque et Palmade (en octobre); Top 50 (en décembre), Stars 80/10 ans (l’année prochaine) et, surtout, le retour de Renaud à Forest National. Au-delà des inquiétudes de certains quant à l’état de santé du chanteur (qui débutera sa tournée en France le 1er octobre), ce sont davantage les comptes liés aux concerts de ces 8 et 9 novembre qui interpellent…

Les recettes de ces deux représentations atteindraient, grâce à la vente des billets, quelque 537.000 euros. Une recette qui, habituellement, reste en possession de la billetterie principale, jusqu’au jour de l’événement. Seulement voilà : une partie de cet argent a été avancée à Didier Defourny et C-Live, avant la faillite. Rien d’illégal là-dedans, la pratique est parfois de mise quand la confiance est installée entre les deux intervenants. Seulement voilà : depuis cette mise à disposition d’une belle somme, C-live a fait faillite. Et l’argent avancé se promènerait dans la nature.

Personne pour l’heure ne fournit d’explication. Didier Defourny, que nous avons tenté de joindre, nous renvoie vers le curateur en charge du dossier. Celui-ci n’a pour l’heure pas encore examiné tous les chiffres et s’attelle d’abord à déterminer si "avec tout l’actif à disposition, il y a assez d’argent pour rembourser les créanciers". Concrètement, qu’est-ce que cela signifie ? L’argent récolté par la billetterie y reste en dépôt jusqu’à la tenue des spectacles en question. Pour une raison simple : si pour l’une ou l’autre raison le spectacle ne devait pas avoir lieu, la billetterie doit être capable de rembourser un à un les spectateurs. Si le spectacle a bien lieu, l’argent peut ensuite être libéré et l’artiste ainsi que l’organisateur sont alors payés. Pour l’heure, c’est donc le flou total en cas de couac sur les concerts de Renaud… Dans quelques jours, au pire semaines, tout devrait s’éclaircir, nous garantit-on.

Seule certitude de ce dossier : il y a aura bien un repreneur - ou plusieurs - pour organiser les spectacles de C-Live dans les prochains mois. LiveNation aurait ainsi fait main basse sur le bulldozer Stars 80. D’autres sérieux repreneurs ont également témoigné leur intérêt pour les autres événements à venir.

© DH