Musique

Une rareté parmi cette collection: un album de reprises en anglais

BRUXELLES Discrète de nature, Françoise Hardy bouscule l'actualité en cette rentrée. Alors que son dernier opus Clair - obscur fait toujours le bonheur des charts, elle vient de lancer son site Internet (www.françoise-hardy.com) qui propose biographie, discographie, interviews, photos et différents liens interactifs.

Côté discographique, les choses s'emballent aussi. Ou plutôt se déballent Sa firme de disques Virgin a eu en effet la bonne idée de rééditer en digipack et à prix discount six albums que Françoise Hardy a enregistrés entre 1967 et 1972.

A cette époque, Françoise Hardy n'était pas seulement une vedette de la chanson française. Elle jouissait à Londres d'une aura à rendre jalouse Brigitte Bardot. Amie des Beatles depuis que son premier fiancé Jean-Marie Perrier était devenu le photographe fétiche des Fab Four, proche des Stones (Mick Jagger disait qu'elle était son idéal féminin) et confidente de Bob Dylan, Françoise Hardy séduisait autant par son image de romantique française que par son look.

Parmi les six albums réédités, on trouve ainsi If you listen, une rareté enregistrée en 1972. Avec If you listen, celle qu'on surnommait `la confidente des jours de pluie´ souhaitait proposer un disque de reprises dans la langue de Shakespeare destiné au marché anglo-saxon.

Si son accent laisse parfois à désirer, sa voix est par contre remarquable, de même que les arrangements (instruments à cordes, piano,) très classes pour le genre folk/country qu'elle pratiquait alors.

`J'avais moi-même investi de l'argent dans ce projet, en tant que productrice´, explique-t-elle aujourd'hui dans les colonnes de Rock & folk. `J'étais assez anxieuse. Je garde un très bon souvenir de ces années où j'allais enregistrer en Angleterre. Ce que j'ai enregistré là-bas était indéniablement de grande qualité.´

If You listen a été capté à Londres sous la direction artistique du producteur anglais Tony Cox. On retrouve aussi sur ce disque Tommy Brown et Micky Jones, les deux collaborateurs anglais qui bossaient à l'époque avec Johnny Hallyday.

Quant au répertoire, il est composé de chansons connues et moins connues du folk anglo-saxon. Avec notamment des reprises de Buffy Ste Marie (Until it's time for you to go ), Randy Newman (I think it's gonna rain today ) ou encore Neil Young (Till the morning comes ). Assez curieusement, par contre, on ne trouve pas de morceau signé Bob Dylan ou Nick Drake, deux artistes qui ont énormément influencé Françoise Hardy. Les cinq autres albums qui sont réédités par Virgin sont Ma jeunesse fout le camp (1967), Comment te dire adieu (1968), Soleil (1970), La question (1971) et Et si je m'en vais avec toi (1972).

Ma jeunesse fout le camp vaut sans hésitation l'investissement. Avec sa pochette signée Jean-Paul Goude et son orchestration soignée par Charles Blackwell, ce disque mérite une seconde jeunesse (sans jeu de mots) et devrait notamment ravir tous les branchés accros à Portishead, Hooverphonic, Goldfrapp et autres kitscheries inspirées des sixties. En outre, on y remarquera la présence de deux figures connues: un certain Jacques Dutronc sur Qui peut dire et John-Paul Jones (futur bassiste de Lez Zeppelin) sur En vous aimant bien et Mais il y a des soirs .

L'album Comment te dire adieu vaut aussi son pesant d'émotions. Si la plage titulaire (dont les paroles sont signées Gainsbourg) est la plus connue, on saluera aussi les reprises de L'anamour du même Gainsbourg, de Suzanne (Léonard Cohen) et de Il n'y a pas d'amour heureux , texte signé par le tandem Aragon/Brassens.

Enfin, La question , qui date de 1971, est marquée par sa collaboration avec l'artiste brésilienne Tuca.

Toutes ces rééditions en digipack sont distribuées par Virgin et vendues à prix réduit.