Musique

“Il est toujours difficile de chanter quelque chose dont on est trop proche”

LIÈGE En annonçant Rue des Amours, l’album tout frais de Frank Michael, le site Internet du chanteur promettait qu’il allait surprendre à coup sûr. En réalité, le CD contient quatorze chansons dont une adaptation de Everybody loves somebody sometimes de Dean Martin et, pour la première fois, une version en italien de Toutes les femmes sont belles. Mais l’ensemble reste totalement dans le style d’un Frank Michael qui, lui-même, reconnaît que son objectif n’est certainement pas de surprendre.

“Je pense que je surprends davantage mon public lorsque je fais des albums comme le précédent, avec uniquement des adaptations de standards de crooners. Ou aussi quand j’ai fait l’album de reprises d’Elvis Presley. Ces albums-là ne sont d’ailleurs pas ceux qui se sont vendus le mieux. Mais j’y tenais. Je voulais me faire plaisir. Enregistrer les chansons de Presley, aller là où il a vécu, chanter avec ses musiciens, ce sont des rêves que j’ai réalisés. Mais je suis conscient que les vrais fans d’Elvis préfèrent ses versions à lui et, par ailleurs, ce n’est pas ce que mon public attend de moi. Il me retrouve davantage dans un disque comme celui-ci. Même si j’aime y glisser une plage ou deux avec des choses qui me font plaisir à moi.”

La reprise de Dean Martin ?

“Celle-là, j’y tenais ! Elle avait déjà été retenue pour l’album de reprises de crooners. Mais nous ignorions que quelqu’un d’autre détenait les droits pour le texte français. En fait, au début des années 60, Lucky Blondo avait déjà enregistré la chanson avec le même titre que moi, Tout le monde un jour. Même titre, mais pas le même texte. Dès lors, nous n’avons pas pu la sortir sur le CD mais j’ai pu obtenir l’autorisation de chanter le texte de Lucky Blondo. Nous n’avons dû refaire que la voix et les chœurs.”

Son tutte belle, la version italienne de Toutes les femmes sont belles, sortira en Italie ?

“C’est en cours de négociations. Les Italiens me demandent d’autres titres. J’en ai ! Mais si j’ai voulu la sortir en italien, c’est parce qu’elle existait déjà dans tant de langues, sauf dans ma langue maternelle. Il y avait quatre versions de cette chanson en allemand. Deux en espagnol dont une pour le marché argentin. Je me devais de la faire en italien.”

En français, vous avez aussi une chanson qui s’appelle Mamma mia et où vous parlez de Liège.

“C’est une chanson pour ma maman. J’avais déjà enregistré Mamma et Pour toutes les mamans du monde. Mais pour celle-ci, si on écoute le texte que m’a fait Michel Jourdan, c’est beaucoup plus autobiographique. De fait, il me fait parler de Liège. Ce qui était assez dur pour moi. Il est toujours difficile de parler, dans une chanson, de quelque chose dont on est trop proche.”

Frank Michael, CD Rue des amours , Warner Music.



© La Dernière Heure 2009