Musique Cette journée pas comme les autres était pour le moins colorée.

Au moment où le corbillard, entièrement vitré, arrive à votre hauteur, que le cercueil blanc est là, si près de vous, on oublie tout. On oublie l’extraordinaire foule. On oublie ses chants, ses "Johnny ! Johnny !" On oublie les musiciens de Johnny, sur le podium, que l‘on voit de très loin, mais qu’on entend. Johnny, il est là. À deux mètres. Pour quelques secondes et pour la dernière fois. L’ambiance, dans les rues de Paris, était plutôt festive. Mais ce moment-là - et je suppose que tout le monde l’a ressenti ainsi - était intense et immensément émouvant. Pour le reste, oui, cette journée pas comme les autres, sous un ciel de décembre extraordinairement bleu, était pour le moins colorée.

Il y avait des fans de toutes les générations et de tous les genres. Ceux qui étaient habillés comme vous et moi. Ceux qui étaient en uniformes Johnny. Blousons de cuir, blousons à franges, blousons marqués du visage de l’idole du jour. Georges Dujardin en avait un très spectaculaire et, en cette saison, bien matelassé. "Mais je n’arrive plus à le fermer. Je l’ai acheté il y a trente ans. Maintenant, il est un peu juste. Je suis devenu plus épais…"

Les sosies aussi. J’en ai vu un, plus âgé que le modèle, pantalon et veste de cuir, foulard autour du cou, chapeau façon Johnny, même la dégaine. Sauf qu’à son âge, pour marcher, ce Johnny-ci avait besoin… d’une canne.