Musique

Âgé de 85 ans, il est décédé mercredi à Ramatuelle (Var). Avec l’arrangeur François Rauber, il a habillé les chansons du Grand jacques et de Juliette Gréco

Certains des plus grands interprètes doivent beaucoup à leur ombre. Les hommes et femmes que l'on aperçoit à peine, mais dont la création musicale sublime l'oeuvre et le talent des plus grands. Pour Jacques Brel et Juliette Gréco, cet artiste providentiel, humble et dévoué portait le nom de Gérard Jouannest.


Pianiste hors pair, le parisien rencontre le grand Jacques en 1958, quelques années après avoir reçu le premier prix de piano du Conservatoire national supérieur de musique de Paris. À l'époque, Brel tourne énormément. Jouannest l'accompagne sur la route, et donne immédiatement une ampleur inédite et bénéfique aux textes épurés du chanteur bruxellois, avec l'aide de l'arrangeur François Rauber. La voix de l'un devient indissociable du piano de l'autre, qui apporte sa contribution à "Ne me quitte pas" et signera au total 35 des plus grands succès musicaux de Brel.

Comme le rappellent ce jeudi nos collègues du "Monde", c'est encore avec notre compatriote que Gérard Jouannest compose "On n'oublie rien" en 1961. Morceau présenté à Juliette Gréco, qui deviendra sa compagne, puis son épouse, et dont il deviendra naturellement le compositeur attitré.

Aussi discret que prolifique, Gérard Jouannest ne cessera par la suite de développer de nouvelles collaborations - avec Miossec, Benjamin Biolay et même Abd Al Malik - avant de sortir un ultime enregistrement en 2013. Un recueil de chansons de Brel... interprété par Gréco. De quoi dire dignement adieu à ces grands qui lui doivent tant, pour mieux tirer sa révérence à 85 ans.