Musique Adulée par les plus prestigieux guitaristes, de BB King à Slash en passant par Jimmy Page, la marque de guitares est en banqueroute

Inimaginable ! Gibson, la légendaire marque de guitares, symbole du rock que l’on croyait éternel, est en faillite. L’entreprise américaine croule sous des dettes de plusieurs centaines de millions d’euros qu’elle n’est pas capable de rembourser. La faute à qui ? Aux temps qui changent. C’est aujourd’hui un fait, le rock guitare a cédé sa place de locomotive de la musique au rap et aux musiques électroniques qui font désormais la pluie et le beau temps, notamment aux États-Unis, le plus grand marché mondial de la musique. Conséquence : tous les fabricants de 6 cordes connaissent des années de vaches maigres. Aussi mythique soit-elle, Gibson, dont la célèbre guitare Les Paul incarne le rock depuis des décennies, n’y a pas échappé. D’autant que les constructeurs asiatiques, en proposant des instruments de facture plus que correcte à des prix ultra-compétitifs, sont aussi venus taquiner leurs prestigieux aînés.

Trop gourmand

Et ce n’est pas tout. Gibson fait également les frais des avancées technologiques. Nombre de musiciens ne jurent que par les modèles anciens aux prix parfois hallucinants. Pour eux, et pour bien des aficionados de la marque américaine, Gibson est synonyme de tradition et de savoir-faire. Mais son patron depuis 1986, Henry Juszkiewicz, s’il ne conteste pas ces qualités-là, souhaite aussi placer son entreprise en ordre de marche pour l’avenir. Il a multiplié les innovations technologiques (guitares qui s’accordent toutes seules, etc.), ce qui n’a pas été du goût des partisans du prestige ancien… Enfin, le big boss de Gibson a peut-être aussi eu les yeux plus grands que le ventre en voulant faire de sa marque "la plus grande entreprise de musique et de technologies audio dans le monde" et en rachetant en 2014, la division audio du géant Philips. Un choix qui a durement mis à mal les finances du groupe.

Place à la Chine ?

Il convient également de rappeler que l’histoire de Gibson n’est pas celle d’un miracle économique. Fondée en 1894 à Kalamazoo et désormais basée à Nashville, l’entreprise a déjà frôlé la faillite après avoir changé plusieurs fois de main. C’était en 1986. Elle avait alors été rachetée par Henry Juszkiewicz, ingénieur chez General Motors. Et c’est sous son impulsion que Gibson a commencé à diversifier son offre, notamment avec des produits plus abordables. La faillite de Gibson signifie-t-elle la disparition d’une légende ? Probablement pas. Il se trouvera certainement un repreneur soucieux de faire vivre le mythe. Selon la presse économique, l’emblème du rock intéresserait les Chinois… Stairway to Heaven ?