Musique Si le rap est devenu la musique populaire de notre époque, il continue de diviser. Violent, misogyne, vulgaire, nihiliste… Les reproches sont légion.

"Le hip hop a changé, c’est plus comme avant…" Un discours que l’on entend bien souvent. Et c’est vrai qu’en quatre décennies d’existence, son pendant musical a beaucoup évolué. Les mots du rap 2.0, souvent, choquent ou interpellent. C’est ce qu’on lui reproche le plus souvent : la violence, la vulgarité et la misogynie de refrains frontaux et de textes très - trop ? - crus. Et la récente affaire de l’hymne des Diables en est un nouvel exemple (confiée au rappeur bruxellois Damso par l’Union belge de Football, qui se ravisera ensuite en raison de ses textes sulfureux).

Karim Hammou est sociologue chargé de recherche au CNRS, membre du Cresppa-CSU (centre de recherches sociologiques et politiques de Paris), animateur d’un blog dédié à la chose hip hop (http ://surunsonrap. hypotheses.org) et auteur de plusieurs ouvrages spécialisés (dont Une histoire du rap en France en 2012). Il confirme : "Le rap est misogyne, comme la société dans son ensemble, mais avec des formes propres à l’organisation du monde de la musique, et à celle du rap en particulier. Cela s’explique aussi par sa tradition artistique spécifique et son travail formel caractéristique, son goût pour la punchline et sa grande liberté de ton et de vocabulaire, allant du langage soutenu aux termes les plus vulgaires."

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