Musique Le mythique groupe de rap IAM revient avec un huitième album et toujours le même rêve d’évolution.

Rêve et évolution. Voilà les deux maîtres mots du huitième album du groupe IAM, Rêvolution, sorti le 3 mars dernier, après quatre ans d’absence dans les bacs pour les rappeurs marseillais qui affichent plus de 25 ans de carrière. "L’accent circonflexe a la plus grande importance dans Rêvolution parce que le carburant du groupe, c’est le rêve d’évolution", explique Shurik’n, rappeur - frère de Faf Larage - qui a participé à la fondation du groupe IAM en 1989. "Nos paroles écrites il y a vingt ans sont encore d’actualité. C’est gratifiant et en même temps déplorable en ce qui concerne la société. Elle n’a pas bougé d’un iota, certaines choses se sont même empirées. La peur se vend bien mais il ne faut pas tomber dans le piège. Ce qu’on essaye de dire, c’est qu’on continue à espérer que les choses aillent mieux. Surtout parce que nos enfants resteront quand on sera plus là."

Que pensez-vous de cette course à la présidentielle ?

"Ça fait longtemps qu’on attend de voir quelqu’un qui nous ressemble vraiment. Les politiques n’ont aucune connaissance de la réalité du terrain, des pays qu’ils sont censés gouverner. Aujourd’hui, si on cherche un exemple, ce n’est pas dans ce milieu-là qu’il faut le chercher."

Vos textes sont, dans l’ensemble, assez optimistes. En général, vous avez plutôt tendance à voir le verre à moitié plein ?

"On s’efforce toujours de le voir à moitié plein même si ce n’est pas évident. C’est bien de dire des choses dures dans nos chansons mais il faut y ajouter un peu d’air, une lueur d’espoir qui permet de croire en quelque chose, de continuer."

En 2013, vous parliez de IAM comme du dernier album de votre carrière. Pourquoi êtes-vous revenus sur votre décision ?

"On savait qu’on continuerait mais on ne savait pas sous quelle forme. Le bon fonctionnement de l’album IAM nous a finalement permis de signer à nouveau pour deux albums. On a tous testé l’expérience en solo et on s’est rendu compte qu’on faisait tout sauf de la musique."

Est-ce que vous trouvez que le rap a changé avec les années ?

"Après 30 ans de présence dans le domaine musical, le rap est encore traité comme une petite musique qui sort des quartiers où les jeunes s’amusent alors qu’on est dans les charts depuis des années. Il y a un petit manque de reconnaissance. C’est dû à certaines instances qui ne comprennent pas que le rap, c’est la variété d’aujourd’hui."

C’était mieux hier (jeudi) selon vous ?

"On ne peut pas se permettre de penser comme ça sinon on n’avance pas. On doit penser à demain. Nous, on vient d’une génération qui a baigné dans la culture hip-hop. Le rap de maintenant est juste différent. Il n’y a pas qu’un rap aujourd’hui. Il y a un rap pour chaque personne qui l’écoute."

Votre public aussi a évolué…

"Notre musique se transmet de génération en génération. C’est bluffant et gratifiant pour nous. Ça nous conforte aussi dans l’idée qu’on se fait de notre musique. On a été jugés dignes d’être transmis."

Que pensez-vous de la nouvelle génération de rappeurs ?

"Ils sont plus débrouillards. Ils se sont très vite approprié les réseaux sociaux et sont donc présents partout, très réactifs. Nous, ça nous demande un effort."

L’émission The Voice Belgique a récemment accueilli Big Flo et Oli, deux jeunes rappeurs de Toulouse. Que pensez-vous de leur musique ?

"J’aime bien. Je les trouve très matures. On a vu évoluer leur musique car on les a connus tout petits. Ils venaient avec leurs parents faire nos premières parties. Ils ont beaucoup de choses à dire !"

Que pensez-vous de cette émission à la recherche de talents ?

"À partir du moment où ça permet à certains de s’exprimer et de trouver leur voie, pourquoi pas. Mais bon, beaucoup essayent et très peu réussissent."


En savoir plus

IAM en concert. Le 29 novembre 2017 au Palais 12 de Bruxelles. Infos et réservations sur www.ticketmaster.be