Musique

Confidences de Patrick Bruel, quelques jours avant son passage à Bruxelles

Envoyé spécial en FRANCE SERGE BRESSAN

PARIS Un album, Des souvenirs devant..., qui finira parmi les meilleures ventes de l'année 2006. Une tournée triomphale qui passera les 5 et 6 décembre par Bruxelles et s'achèvera le 26 mai 2007 au Palais omnisports de Paris-Bercy. Et aussi, pour Patrick Bruel - 47 ans, marié et père de deux enfants - une présence régulière à la télé comme consultant technique pour le poker. Tout ça, et tant d'autres choses pour un artiste qui, depuis près d'un quart de siècle, est au top. Chanson, cinéma, théâtre et même poker, tout ce que Patrick Bruel touche devient synonyme de succès. Rencontre.

Après un concert, comment vous sentez-vous ?

"Je suis éreinté. Je reste plus de 2 heures sur scène, ça épuise. En fait, tout se passe au feeling. Et c'est toujours fort émotionnellement, mentalement. J'aime le côté théâtral d'un concert et, depuis que je monte sur scène, je suis convaincu qu'un spectacle, ça doit être des surprises en permanence ! Tout est construit pour qu'il se passe toujours quelque chose. Moi, quand je vais à un spectacle, je n'aime pas m'ennuyer. Alors, j'essaie de ne pas ennuyer les gens qui viennent me voir..."

Vous vous êtes imaginé ne montant plus sur scène ?

"Jamais ! La scène pour la chanson ou le théâtre, je ne vis artistiquement que pour ça. Quand j'enregistre un album, c'est pour pouvoir monter sur scène. Et au moment de grimper l'escalier qui mène à la scène, je suis comme un enfant qui va découvrir le sapin de Noël dans la salle à manger. Oui, je suis un grand cabot !"

Sur votre nouvel album, une chanson dit : Je fais semblant ...

"C'est une chanson assez incroyable. Amanda, ma femme, a commencé l'écriture du texte, me l'a donné et dit : Il faut que tu le termines. J'ai été bluffé par ses mots et le fait qu'on s'est rencontrés voilà quelques années seulement et qu'elle me connaisse déjà si bien... Avec le recul, je suis même persuadé que, dans cette chanson, on dit des choses que jamais, seul, je n'aurais dites... Et puis, dans la foulée de Je fais semblant, j'ai écrit Adieu. Là, je me suis dit que j'avais ce qu'il faut pour un disque. De l'infiniment intime et, en même temps, de l'universel. Seul problème : Je fais semblant a mis la barre très haut !"

Autre temps fort de vos concerts : l'interprétation d'une autre nouvelle chanson, Je ne m'attendais pas à toi...

"J'ai toujours pensé qu'un jour je rencontrerais quelqu'un. Mais pas dans ce monde-là. Alors, cette chanson est une ode à toutes les solitudes désespérées."

Dans les années 1980, la France était submergée par la Bruelmania. Aujourd'hui, ça signifie encore quelque chose ?

"Je vous invite à regarder ça dans les salles de concerts... Bon, aujour-d'hui, je crois qu'on décrit plus justement ce qui se passe dans la salle, on n'hésite pas à parler de tout le monde. Tous ont grandi, et les filles, aujour-d'hui, sont mères et elles viennent avec leurs enfants. Quand j'ai débuté cette tournée 2006-2007, il y avait une grande inconnue : les jeunes filles de 17- 20 ans. Elles sont là, elles aussi. Et de jeunes hommes, également, mais là, ça doit être l'effet poker ! Depuis 1999, je remarque une qualité d'écoute supérieure. Oui, je fais le lien entre les générations..."

Grâce à Entre-deux, votre album de reprises ?

"J'ai toujours su que rien n'est acquis. Mais là, avec Entre-deux, j'étais persuadé de l'évidence du projet, et on en a vendu 2,8 millions d'exemplaires ! Et parmi mes projets, de ce spectacle Entre-deux, je vais faire une comédie musicale. Il y a aussi deux projets pour le théâtre..."

Les souvenirs, on croyait que c'était le passé. Avec votre récent album, vous les placez devant !

"Ce qui m'importe, c'est me projeter dans l'avenir ! Et ce qui m'intéresse par-dessus tout aujourd'hui, ce sont les souvenirs qu'avec ma femme et mes deux fils on va construire..."

À Forest National les 5 et 6 décembre. C'est complet ! Il reste des places pourle 25 mars 2007. Infos : www.sherpa.be.



© La Dernière Heure 2006