Musique Bien qu’ayant échappé au massacre du Bataclan, le chanteur continue de défendre la libre possession d’armes à feu aux États-Unis.

Avec retenue, on dira que c’est le monde à l’envers. Sans retenue, on dira franchement que Jesse Hugues est un cinglé. Le chanteur du groupe américain Eagles of Death Metal a publié lundi sur Instagram, un long message dans lequel il s’en prend au million d’Américains qui ont défilé dans les rues de plusieurs villes ce week-end pour demander qu’on lutte contre les armes à feu. Ces manifestants s’étaient rassemblés à l’appel des lycéens rescapés de la tuerie de Parkland qui a fait 17 morts en Floride mi-février. L’auteur des faits, Nikolas Cruz, 19 ans, était un passionné des armes.

Dans son message, Jesse Hugues, chanteur du groupe qui donnait un concert lorsque les terroristes de Daech ont massacré 90 personnes et fait des centaines de blessés au Bataclan le 13 novembre 2015, fustige les jeunes qui ont manifesté, les accusant d’exploiter la mémoire des victimes de Parkland pour obtenir des likes sur Facebook et l’attention des médias. Une hypocrisie qu’il juge "pathétique et répugnante". Il illustre son propos avec un dessin sur lequel on voit une femme dire qu’elle a rangé son arme pour contribuer à mettre fin à la violence, et un homme lui répondre qu’il s’est coupé le sexe pour arrêter les viols…

Jesse Hugues ponctue son post par cette phrase : "En tant que survivant d’une fusillade de masse, je peux vous dire d’expérience que vous tous qui protestez et prenez congé de l’école, vous insultez la mémoire de ceux qui ont été tués. Que par vos actions, vous abusez et vous m’insultez, moi et tous les amoureux de la liberté… Longue vie au Rock’n’Roll… Et que chacun de ces horribles et vils abuseurs des morts vive le plus longtemps possible afin d’endurer au maximum sa honte… Et qu’ils soient maudits…"

Ce n’est pas la première fois que le chanteur d’Eagles of Death Metal tient des propos du genre et se pose en défenseur inconditionnel de la liberté de posséder des armes aux États-Unis. Après avoir suscité l’émotion en se confiant en larmes sur la sinistre soirée du 13 novembre 2015, il avait ensuite proféré de graves accusations à l’encontre du Bataclan, estimant que les membres du service d’ordre de la salle étaient de mèche avec les terroristes. En mai 2016, il confiait à la très conservatrice revue américaine Taki’s Magazine ces propos : "J’ai eu énormément de problèmes pour avoir dit que la sécurité du Bataclan était de mèche avec les terroristes. Je suis certain qu’ils étaient là plus tôt dans la journée. Je me souviens d’eux fixant l’un de mes potes […] J’ai réalisé plus tard qu’il s’agissait d’Abdeslam Salah et qu’il n’avait pas arrêté de scruter l’un de mes potes parce qu’il le voyait comme une menace. Pour moi, il n’y a aucun doute là-dessus : les terroristes étaient déjà à l’intérieur bien avant l’attaque et ils avaient pu entrer dans la salle d’une manière ou d’une autre." Et Jesse Hugues d’ajouter de l’huile sur le feu en affirmant avoir vu de ses "propres yeux des musulmans célébrer dans la rue les attaques terroristes, et ce, en temps réel ! Je me suis rendu à Paris après les attentats, et j’ai été désagréablement surpris par le manque de colère. Personne ne blâmait l’islam."