Musique

Son nouvel album, Liberté , marque un retour à l'âme du raï

BRUXELLES Quand on naît, comme lui, un 29 février et que l'on fête son anniversaire tous les quatre ans, il n'y a pas de mérite à ne pas vieillir. La réflexion semble plaire à Khaled, très en forme ce jour-là tandis qu'il présente son nouvel album, Liberté ! Peu de temps auparavant, il a enregistré le Face-à-face, sur RTL, où la présentatrice, candide, lui a lancé : "Votre voix est votre plus bel instrument ." Dix minutes plus tard, il en rit encore.

"On me demande souvent d'où me viennent ce sourire et cette bonne humeur , dit-il hilare. Je les dois à ma mère. Elle a subi beaucoup de malheurs, la pauvre, mais elle a toujours supporté tout ça en riant. Ma grand-mère lui a fait les pires misères et c'est pourtant ma mère qui l'a le plus pleurée quand elle est morte. Moi, je ne comprenais rien. Elle m'a dit : devant toi et devant Dieu, je lui pardonne. Elle m'a appris ça... Vous savez, je dis toujours que les Arabes, ils ont créé le zéro et ils sont restés dedans à tourner en rond. "

Vous dites qu'avec toutes vos femmes (ses trois filles et son épouse), vous vous sauvez quand ça piaille trop. C'est alors que vous avez écrit votre album ?

"Non ! Au contraire, je voulais toujours rentrer tôt chez moi. Au studio, ils devenaient dingues, ils voulaient que je reste encore un peu pour refaire la voix. Surtout que, pour la première fois, j'ai enregistré en live."

C'était très différent ?

"Oh oui ! C'était magique. Il y avait une carte à jouer, en enregistrant en une seule prise. On n'avait pas le clic, pas de métronome. Il n'y avait rien de carré : on ne restait pas dans la trame des quatre mesures. Un couplet faisait trois mesures et demie, l'autre huit..."

C'est Martin Meissonier qui réalise cet album. Une vieille connaissance...

"Oui ! C'est un des premiers qui est venu en Algérie, dans le temps, quand j'étais emprisonné... Il a vu ce qu'on pouvait faire du raï qui, pour moi, est un mélange de jazz et de blues. J'ai voulu casser les frontières, lui donner un autre charme. Mais Martin a vu comment on chante le vrai raï : on chante ce qu'on sent, on intervient comme on veut."

En studio, vous avez enregistré avec vos musiciens de scène : une première !

"Oui ! Ils ne voulaient pas le montrer, mais quand que je revenais des USA avec un nouvel album, ils avaient envie d'enregistrer avec moi. Mais ça, c'est aussi grâce à Martin qui ne m'a pas imposé ses musiciens de studio."

Cet album, vous le considérez comme un retour à l'âme même du raï ?

"Absolument. C'est du raï roots, sans aucun doute. Les paroles des chansons sont des métaphores, c'est ça aussi le raï. J'ai également accepté de faire des intros sur cet album : c'est une manière de résumer l'histoire. Puis la chanson parle de la même chose, que je développe."

Khaled, Liberté ! , Universal.



© La Dernière Heure 2009