Musique L’affaire risque d’être aussi épique que la vie du chanteur.

Après le deuil, l’heure des questions épineuses a sonné pour les proches de Johnny Hallyday. C’est la question de sa succession qui s’invite sur la table et celle-ci ne sera manifestement pas facile à régler. Dans le magazine français Le Point, Renaud Belnet, l’avocat fiscaliste qui s’est occupé de gérer la fortune du rockeur de 2004 à 2010, laisse clairement entendre que rien n’est simple dans ce dossier.

Il égrène les sources de difficultés possibles : "Une famille recomposée, des héritiers aux statuts fiscaux différents, des biens parsemés partout, un droit international et une fiscalité internationale…" . Voilà qui devrait donner du fil à retordre à la batterie de spécialistes du droit fiscal privé qui seront certainement appelés à passer au peigne fin les décisions prises par le chanteur avant sa mort. Il s’agira notamment de déterminer quelle est la loi applicable à cette succession.

Et les administrations fiscales - au moins française et américaine - seront également attentives à ne pas être grugées dans l’histoire. Le statut de musicien a ceci de particulier qu’il fonctionne souvent avec des avances versées à l’artiste. Un système qui rend complexe le calcul de l’impôt, surtout anticipativement. On ne compte pas les exemples de problèmes : Michel Polnareff, les Rolling Stones, etc.

Se pose aussi le délicat problème des royalties lié au catalogue de Johnny. À vrai dire, c’est l’enjeu majeur. Les droits à partager sont au nombre de quatre. Il y a les droits d’interprétation sur les 1.300 et quelque titres de son œuvre, les droits d’auteur et de composition car il est l’auteur ou le coauteur d’une centaine de chansons, les droits d’édition musicale répartis entre ses deux sociétés d’édition, ainsi que les droits d’exploitation liés à la diffusion, aux émissions, aux concerts et aux propositions commerciales à venir.

Reste enfin la question du droit moral qui a trait au respect de l’œuvre créée par Johnny. Comme le résume Pierre-Yves Gautier, professeur de droit, dans les pages du Point, "dans toutes les successions d’artistes, les héritiers sont placés devant le même choix : partager les œuvres ou les gérer en indivision et bonne entente avec le conjoint que l’auteur ou l’artiste aura entendu privilégier."